Ils sont algériens et vivent à Paris. Donc plus près du Val-de-Grâce et des Invalides que d'Alger. Mais ils ne sont pas moins patriotes que le reste des Algériens. Ils ont les journaux français à portée de main, une ambassade et des consulats à un jet de pierre mais, pour autant, ils ne sont pas plus informés sur l'état de santé de Bouteflika que leurs concitoyens d'ici. Et surtout, ils ne sont pas plus rassurés par les communiqués laconiques et les déclarations des Sellal, Bensalah ou Medelci. C'est sans doute parce qu'ils n'ont rien perdu de cette conscience politique historique que l'on connaît à notre émigration. Etablis loin de leur terre natale, leur anxiété est d'autant plus grande que leurs proches restés en Algérie ne peuvent que leur transmettre leur propre angoisse quant à l'avenir immédiat d'un pays qui vient de boucler un mois sans Président. Et sans vraies nouvelles du Président.
Dans ce Paris connu pour être une ville cosmopolite, ils doivent, en plus, entendre bien des sarcasmes, des vertes et des pas mûres sur l'Algérie, son système de santé, son gouvernement. Et encaisser, accuser le coup. Sans mot dire.
Alors, il ne leur reste plus qu'à... maudire ceux dont la gouvernance, après les avoir forcés à l'exil, les minore et les ignore, eux qui vivent dans un pays où le droit à l'information n'est pas un vain mot et où homme et son épanouissement sont au centre des préoccupations et des politiques publiques. C'est pourquoi ils n'hésitent pas à exprimer leur révolte contre les dirigeants de leur pays qui, en 2013, trouvent encore des raisons de cacher aux Algériens la vérité sur l'état de santé de leur chef d'Etat.
Nos émigrés le savent, cela n'empêchera pas nos thuriféraires locaux et les affidés du clan présidentiel, plus que jamais aux abois, de les accuser, eux aussi, d instrumentaliser la maladie de Bouteflika pour réaliser des desseins politiques". Et, comme la conscience politique n'a jamais fait défaut à notre émigration depuis les premiers balbutiements du Mouvement national, ils savent aussi que c'est surtout le black-out entretenu autour de la maladie du chef de l'Etat qui est dicté par un agenda politique, celui de la succession. Une succession que l'on veut régler, organiser et mettre en œuvre selon la norme nationale en usage depuis 1962 : dans la clandestinité. n
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Saïd Chekri
Source : www.liberte-algerie.com