«Jetez la culture dans la rue et c'est le peuple qui s'en emparera!».Cela aurait pu être le slogan de la seconde édition de l'évènement l'Art est public. Déclinée cette année sur tout le territoire du pays, c'est au Boulevard Ourida Medad qu'a eu lieu cette manifestation à Alger, dans ce quartier populaire appelé joliment Sjiwrat, donnant sur une vue imprenable sur la mer. «Il a fallu avoir l'autorisation de tous les gens du quartier, une préparation en amont. Il fallait comprendre les valeurs du quartier et des gens. On a travaillé ensemble. Nous avons assisté à une vraie interaction avec les enfants du quartier. Nous avons beaucoup dialogué avec avec les jeunes du quartier avant de venir. On a expliqué les objectifs, les thématiques, les buts. L'idée était de fédérer les citoyens du quartier, mais aussi répertorier tous les artistes qui ont du talent qui peuvent participer.»
Fédérer les talents du quartier
«Le but était de constituer un collectif, créer des équipes entre les citoyens du quartier, les artistes et les bénévoles», nous a confié Kenza la responsable coordinattrice de la partie algéroise. Sensibilisation à l'éducation, nettoyage du quartier, plantation de graines de pastèques, ateliers d'écriture et de dessins avec les enfants, peinture de fresques sur les murs, avec l'aide d'étudiants des beaux-arts et autres artistes amateurs et les enfants, du street art, des mamans aux anges, surveillant de loin...et beaucoup de sourires sur les lèvres et des couleurs sur les murs, tels ont été les ingrédients de cette manifestation. En effet, de mercredi dernier à vendredi 3 mai, soit hier, ce quartier a connu des ambiances très rares. De la magie pouvait se lire dans les regards des bambins. Rania Chengane cofondatrice et présidente d'un club écoscientifique «les bourgeons de l'espoir» de l'université d'Alger I, nous dira être venue transmettre aux enfants «l'importance des plantes et les végétaux. Pour les mamans, un atelier leur était également destiné, relatif au gaspillage. Il s'agissait de leur montrer comment effectuer le tri sélectif, le compostage, comment recycler les objets en plastique pour fabriquer entre autres, des pots de décoration...
Outre la photo et le dessin, Hichem et Asma, tous deux sculpteurs issus de l'Ecole des beaux-arts se sont attelés à construire une barque avec de nombreuses silhouettes anonymes en hommage aux harraga.
Des enfants au regard illuminé
Ces derniers revêtiront de vrais habits. Un travail minutieux qui leur a pris deux jours de temps. Cette très belle installation a été suspendue à 4 mètres de haut. On y voit une barque qui vole vers la mer. En haut, derrière le quartier, on y voit comme si la barque était posée sur la mer ou sur les nuages. Du beau travail bien expressif doublé d'une réflexion esthétique évidente dont le choix de l'aluminium qui recouvre ces «corps» afin de refléter la lumière et donner de l'épaisseur à ces êtres et les sortir de l'ombre... Mohinc le taggueur, Sneak et pleins d'autres artistes, slameurs et poètes engagés ont tous répondu présent durant ces trois jours de libre création intensive qui a connu d'autres travaux en workshops dont celui du jardinage.
En effet, tous les participants ont mis la main à la patte, hier, à l'occasion de la mise en oeuvre d'un potager collectif. Une belle expérience de prise de conscience de ce qu'est la citoyenneté mise en pratique. Une aventure humaine à saluer encore une fois!
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : O HIND
Source : www.lexpressiondz.com