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La campagne reprend ses droits '



La campagne reprend ses droits '
Après de longues semaines de commentaires autour du Pénélopegate, cette affaire qui a pollué le monde politique français et qui n'en finit pas d'abîmer l'image du candidat de la droite et du centre, François Fillon, pour laquelle, fait inédit dans la V République, il est mis en examen, voilà que la campagne électorale pour la présidentielle française renoue avec le schéma classique du débat contradictoire.Ce débat, qui s'est voulu didactique et suivi par pas moins de neuf millions de téléspectateurs, a eu lieu lundi 20 mars. Autour d'une configuration à l'agora, cinq candidats, les mieux placés dans les sondages, pour concainvre un maximum d'électeurs, se sont livrés à la présentation de leur programme respectif. En dépit des attaques répétées venant de la part des autres concurrents visant à le destabiliser, selon les enquêtes réalisées après l'exercice, Emmanuel Macron, le candidat d'En Marche, est sorti vainqueur de ces joutes. Près de 29 % des sondés l'ont trouvé convaincant, apte à endosser le costume présidentiel. L'homme, qui a déclaré à Alger : la colonisation "est un crime contre l'humanité", une déclaration qui avait suscité une levée de boucliers de tous les nostalgiques des temps bénis des colonies, s'est montré pragmatique et son projet repose essentiellement, a-t-il estimé, sur «le changement des visages et des usages.» Lors de ce débat, bizarrement, Emmanuel Macron, lui le favori, n'a pas saisi l'occasion de s'étaler longuement sur la thématique de la moralisation de la vie publique, au grand regret de ses fans. Cela pouvait en effet être un angle d'attaque fatal, qui aurait désarçonné et mis hors d'état de répondre ses principaux adversaires, Marine Le pen, candidate du Front national, et François Fillon, tous deux empêtrés dans des affaires d'emplois présumés fictifs et suspectés par la justice de détournement et d'abus de bien sociaux. Si tous les sujets ont été évoqués, très succinctement s'agissant des préoccupations majeures des citoyens français, l'immigration et l'islam, quant à eux, ont fait l'objet d'une instrumentalisation saisissante. Pour satisfaire cette France qui se radicalise, François Fillon et Marine Le Pen n'ont pas hésité un seul instant d'indexer cette frange de la population, à leurs yeux, responsable de l'état désastreux dans lequel patauge la France. «Il y a un problème lié à l'islam», avait déclaré le candidat de la droite, en septembre dernier. Traduire, la pratique libre de la foi musulmane pose problème dans la république française, antogonique à la loi sur la laïcité, donc. Alors que, dans leur quasi majorité, les mausulmans de France ne demandent qu'à être respectés et souhaitent que leur religion, l'islam en l'occurrence, cesse de faire l'objet d'attaques systématiques à chaque fois que le pays va mal. Dans ses envolées lyriques, la candidate frontiste va jusqu'à faire l'amalgame entre des terroristes se revendiquant de l'islam, mais qui n'ont rien à avoir avec l'islam, avec la communauté musulmane en générale. La campagne ne fait que commencer. Il faut s'attendre à une surenchère dans les prochains jours. Un moyen de pallier la vacuité des programmes qui le dispute à l'image abîmée des chantres de la morale et la probité. De notre correspondant en France, Mrizek Sahraoui.
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