De l'imbroglio ayant marqué vendredi l'ouverture de la session du comité central (CC) du FLN, de la gravité des faits rapportés par les médias ayant couvert l'événement émaillé de dépassements plus au moins graves, il ressort ce fait inacceptable : le chahut qui a accompagné la diffusion de l'hymne national.
Celui-ci a été outrageusement hué par des militants appartenant à une instance suprême (le CC, ndlr) d'un parti qui tient ses origines des méandres de la lutte pour l'indépendance du pays.
«Inacceptable, ce qualificatif est assurément loin de refléter la gravité d'un tel acte attentatoire à l'une des constantes nationales, d'autant plus que ce dérapage émane d'une formation politique d'obédience nationaliste», nous dira, sous couvert de l'anonymat, un ancien commis de l'Etat à la retraite.
De son côté, Kassa Aïssi, le chargé de communication du parti, nous a confirmé, non pas sans gêne, «qu'effectivement au moment de la diffusion de l'hymne national, certains militants contestataires qui sont contre le maintien de Abdelaziz Belkhadem au poste de SG, se sont mis à répéter le mot 'irhel' (ndlr, dégage) à gorge déployée».
Un ancien confrère spécialisé en politique et ayant assisté aux différents soubresauts qu'a vécus l'ex-parti unique, dira : «Quels que soient les différends qui les partageaient, jamais par le passé, les militants du FLN n'ont été jusqu'à manifester une telle attitude irrespectueuse à l'endroit de l'hymne national qu'ils écoutaient jusqu'à la fin, dans un silence religieux.» Et d'ajouter : «Comment se fait-il qu'aujourd'hui des militants membres d'une structure décisive au sein du parti n'aient pas hésité à conspuer l'hymne national '
C'est tout simplement inadmissible, et des mesures coercitives doivent être prises à l'encontre de ceux qui ont agi de la sorte», a-t-il préconisé. Insistant encore plus sur la gravité de cet incident, notre interlocuteur a tenu à rappeler qu'un passage de l'hymne national évoque nommément le Front de libération nationale. Du coup, le fait que ce même hymne soit hué par des militants du FLN, c'est une erreur «qui devrait être doublement sanctionnée».
Des sanctions vont-elles «tomber» '
Cette atteinte à l'hymne national remet à l'esprit l'incident survenu en 2008 au lycée Okba de Bab El Oued, lorsque quatre élèves avaient déchiré une pancarte de l'hymne national accroché au mur de la même institution.
La réaction de la tutelle ne s'était pas fait attendre. Aussitôt alerté, le ministère de l'Education avait immédiatement décidé du renvoi manu militari des quatre élèves incriminés. Benbouzid, qui s'était dit indigné par ce comportement attentatoire à la notion de souveraineté nationale, avait tenu également à rappeler l'intransigeance de son département devant de tels actes.
En juin 2010 et à l'occasion d'un colloque organisé à Dar El Imam, à Alger, une grande partie des imams présents dans la salle avaient refusé de se lever au moment où retentissait l'hymne national, le qualifiant de «bidaâ». Comme l'incident du lycée Okba, ce comportement des imams de la République avait défrayé la chronique. Un comportement qui avait mis le ministre de tutelle, Bouabdellah Ghlamallah, dans tous ses états.
Il l'avait fermement dénoncé, car selon lui «ce comportement n'a rien à voir avec les valeurs et les prceptes de l'Islam, affirmant qu'il «est triste que les symboles de la nation ne soient pas considérés à leur juste valeur», avait-il déploré, tout en s'engageant à sanctionner les imams concernés. Les militants contestataires du FLN qui en ont fait de même vendredi seront-ils à leur tour sanctionnés pour atteinte à la souveraineté nationale ' Affaire à suivre.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Karim Aoudia
Source : www.letempsdz.com