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La bombe au Milk bar en 1956 : porter la guerre au sein de la population européenne



La bombe au Milk bar en 1956 : porter la guerre au sein de la population européenne
La moudjahida Zohra Drif, a expliqué que l'objectif de la mission qui lui a été confiée par la direction du FLN en posant la bombe au Milk bar, le 30 septembre 1956, était de "porter la guerre au sein de la population civile européenne qui était partie prenante de cette guerre, en exigeant de protéger son statut par n'importe quel moyen".
"Ce n'est pas à moi qu'il faut demander des comptes pour cette bombe, c'est aux pouvoirs français qui ont asservi le peuple algérien depuis 1830 en utilisant les méthodes les plus barbares", a-t-elle déclaré dans un entretien à l'hebdomadaire français Marianne.
"De quoi étaient coupables les millions d'Algériens morts depuis 1830 ' De quoi étaient coupables les victimes de la guerre totale menée dans le bled avec les moyens de la quatrième armée du monde et le soutien de l'Otan '", s'est interrogée cette moudjahida, et d'ajouter "je ne suis pas née pour tuer, je n'ai pris aucun plaisir à poser cette bombe, mais nous étions en état de guerre, une guerre qui nous a été imposée depuis 1830".
Mme Drif, rappelle également qu'avant le dépôt de cette bombe, cela faisait des mois que des ultras de l'Algérie française en posaient d'autres dans les quartiers algériens. Ces bombes, dit-elle, "qui ont fait des centaines de morts étaient posées avec la complicité de la police pour terroriser le peuple qui soutenaient le FLN et la police coloniale n'a rien fait".
"En dehors d'Alger, a-t-elle poursuivi, l'armée française détruisait les villages, s'en prenait aux populations civiles sur lesquelles elle a lâché des tapis de bombes, elle déportait des centaines de milliers de personnes parquées dans des camps", ajoutant que l'armée française "menait une guerre totale contre le peuple algérien. L'objectif clair était de le terroriser pour lui faire perdre confiance dans la capacité du FLN à se battre et à le protéger".
Mme Zohra Drif a tenu à affirmer également que les combattants de la guerre de libération nationale n'ont jamais ressenti de la haine dans la lutte qu'ils menaient.
"Nous n'avons pas été élevés dans la culture de la haine. Le FLN a, dès le 1er novembre 1954 déclaré que nous faisions la guerre au colonialisme et non au peuple français", a-t-elle dit , rappelant que des français "nous ont soutenu avec beaucoup de courage parce qu'ils estimaient être de leur devoir de rester fidèle aux idéaux qui ont fondé la République française".
Sur son point de vue sur les relations algéro-françaises, elle affirme qu'il n'y a pas de problème entre les deux peuples, mais qu'il y a un problème induit par le vote d'une loi à l'Assemblée nationale française "présentant la présence française comme positive.
"Il y a un problème induit par des discours politiques faisant l'apologie de la colonisation et de la perte de l'Algérie une grave injustice. C'est pour moi insupportable", a-t-elle fait valoir.
"L'histoire ne retiendra que de graves crimes contre l'humanité ont été commis en Algérie de 1830 à 1962. Lorsque le peuple français en prendra conscience, il décidera alors, j'en suis certaine de le reconnaître", a-t-elle assuré.
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