Alger - A la une

La bavette et le maillot de bain



Sur une plage de l'ouest d'Alger, un homme ordinaire prenait un bain de soleil après avoir fait une longue et heureuse trempette. L'espace est théoriquement fermé pour cause de pandémie de coronavirus mais la tolérance ici est quasiment une évidence. Pour les plaisirs de la mer comme pour d'autres pans de l'activité nationale, les interdictions... virtuelles ne manquent pas. Depuis le début de la crise sanitaire, les Algériens ont appris à vivre avec des mesures de « restriction » que quasiment personne ne leur demande de respecter. Des mesures qui ne peuvent, de toute façon, pas être respectées sans la conjugaison de la responsabilité citoyenne et la contrainte légale qu'est censée imposer la force publique. Cette situation d'«interdiction-tolérance-complaisance» est différemment appréciée quand, sur le terrain de la vraie vie, il apparaît que l'essentiel des défendus sont souvent une vue de l'esprit. Il y a d'abord ceux, trop heureux de se donner raison, s'esclaffent face au « bide » qu'ils avaient évidemment prévu : quand personne ne croit à une maladie fabriquée de toute pièce, il n'y a aucune raison que le citoyen subisse inutilement les désagréments qu'on lui propose pour l'en prémunir. Pour ceux-là, il n'y a rien à dire. Dans leur tête, ils ont gagné la partie et la réalité du terrain ne les dément pas toujours. Il y a, ensuite, ceux qui tiennent le bâton par le milieu. Ils ont naturellement peur de la maladie mais ils n'ont pas la lucidité et la rationalité suffisantes à leur protection par toutes les protections mondialement admises. Alors, ils font « ce qu'ils peuvent », parfois avec maladresse, souvent dans la velléité et toujours par acquit de conscience. Il y a, enfin, ceux qui sont dans le respect strict de toutes les mesures de protection. On ne connaît pas leur proportion mais on sait déjà qu'ils sont les moins visibles, si on s'en tient aux « signes extérieurs ». Ils sont les moins visibles mais certainement les plus inquiets. Ils sont inquiets et vivent aussi dans la colère et le sentiment d'injustice. La colère, elle est suscitée par l'irresponsabilité de leurs compatriotes et le manque de fermeté de leurs gouvernants. Les premiers mettent leur vie en péril et les seconds ne les protègent pas assez. On imagine leur panique maintenant qu'on passe de l'interdit-toléré au... tout permis. Sur cette plage de l'ouest d'Alger, le bonhomme qui se faisait dorer la peau après avoir piqué une tête n'a pas levé la tête quand des groupes de jeunes arrivaient dans son entourage avec grand bruit, sans masque et sans distanciation. C'est en voyant deux... femmes s'apprêter à se soulager de leurs vêtements qu'il a plié sa serviette et pris ses jambes à son cou. Elles portaient des bavettes mais ce sont leurs... shorts qui lui ont fait peur ! Même pas un maillot.S. L.
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