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La Banque d'Algérie met en garde contre "la vulnérabilité" des finances publiques



La Banque d'Algérie met en garde contre
Les dépenses publiques ont mis à mal les équilibres budgétaires depuis 2009 (Ph. M'hamed Kerrouche)« Si la soutenabilité des finances publiques émerge un peu partout dans le monde comme préoccupation majeure (...), en Algérie, elle se conjugue à une préoccupation supplémentaire, celle du poids de la dépense publique dans la demande intérieure brute (absorption) et son incidence sur l'économie nationale », selon le rapport de la Banque d'Algérie sur les évolutions économiques et monétaires en Algérie en 2012, présenté mercredi. Il faut prôner une prudence budgétaire et consolider autant que possible ce qui a été accumulé », a-t-il encore recommandé.
Le document souligne que depuis 2009, les soldes budgétaires globaux ont été déficitaires « avec des ampleurs inégalées » en dépit de la relative stabilisation des dépenses budgétaires d'équipement. En 2012, le déficit budgétaire s'est accru en raison de la forte croissance des dépenses totales (22,5 %) et en particulier, celle des dépenses courantes (27,2%). Ainsi, en dépit de la stabilité des prix du pétrole à un niveau élevé (111 US$ le baril en 2012 contre 112,9 en 2011, selon la BA), « les fortes augmentations successives des dépenses publiques de ces deux dernières années, et de surcroît de fonctionnement, ont abouti à un déficit budgétaire substantiel », précise le rapport de la BA. En effet, les dépenses budgétaires totales s'établissaient à 7 169,9 MDA en 2012 contre 5 853,6 MDA en 2011, sachant que les recettes budgétaires ont atteint en 2012 6 411,3 MDA contre 5 790,1 MDA en 2011.
Excédent appréciable de la balance des paiements extérieurs
Le gouverneur de la BA, Mohamed Laksaci, a pour sa part indiqué que la balance des paiements extérieurs courants a enregistré un excédent « appréciable » au tour de 6 % du PIB, « mais il reste en deçà de la performance de 8,9% réalisée en 2011 ». Cette performance moins importante par rapport à 2011 s'explique, selon lui, par la forte progression des importations des biens de consommation non alimentaires à 19,8% contre 15,6% en 2009. Il a souligné que la forte hausse des importations de biens de consommation non alimentaires qui se sont accrues en 2012 a contribué à la hausse des importations totales de biens. Pour Laksaci, l'excédent du compte courant extérieur a été appréciable en 2012. En conséquence, « la situation de la balance des paiements extérieurs de l'Algérie est restée résiliente », avec un excédent global de 12,3 milliards de US$.
Le gouverneur de la BA a indiqué dans sa présentation que l'encours des réserves de change de l'Algérie a atteint 190,66 milliards de US$ à fin décembre 2012 contre 182,22 milliards de dollars en décembre 2011. Ce niveau représente plus de trois années (36,5 mois) d'importations de biens et services, a-t-il précisé. Qualifiant la position financière externe de l'Algérie de « robuste », Laksaci n'a cependant pas manqué de mettre en exergue « la vulnérabilité accrue de la balance des paiements vis-à-vis de la tendance haussière des importations des biens et services » qui la rend « désormais moins résiliente à un choc externe lié notamment à une éventuelle chute du prix des hydrocarbures ».
Croissance molle
La croissance économique a atteint 3,3% contre 2,8% en 2011, tirée par les performances du secteur du BTPH et celui de l'industrie, a indiqué par ailleurs Laksaci, dans sa présentation, précisant que le rôle des dépenses publiques comme stimulant de l'activité économique de production industrielle a été relativement faible. Sur l'inflation, l'année 2012 a enregistré un « pic historique » de 8,9 % contre 4,5% en 2011. Cette inflation est due essentiellement à l'envolée des prix de certains produits frais au premier semestre de cette année, a indiqué un cadre de la BA. Selon lui, la moitié de l'inflation moyenne annuelle a été enregistré durant le mois de janvier et 87 % durant le premier semestre 2012. D'après ses chiffres, le groupe des produits alimentaires a enregistré le plus fort taux d'inflation notamment les produits frais à hauteur de 21 % et la viande ovine à 30,28 %. Le rapport de la BA souligne que l'inflation est due aux facteurs endogènes « inhérents aux dysfonctionnements persistants des marchés intérieurs qui continuent d'amplifier l'effet prix ».
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