D'habitude, c'est à l'occasion des différentes éditions du Festival international de bande dessinée d'Alger (FIBDA) que l'on consate l'édition de livres de bande dessinée mais, pour cette année, les choses semblent changer.
L'unique magazine de BD, Laabstore, a édité durant l'année 2017 trois bandes dessinées. La premiere est l'?uvre de Mohamed Aïdaoui alias Natsu. C'est le second tome de son livre intitulé Degga. Le second livre sorti cette année est Farah de Khawla Houria Kouza alors que le troisieme est Le calice des damnés de S. Ahmed. Les trois ouvrages ont été réalisés par des jeunes bédéistes qui travaillent chez Laabstore. A l'imagination fertile et débordante, ils ont réalisé des scénarii solides, au rythme soutenu et au fil conducteur cohérent et harmonieux. Pour Mohamed Aïdaoui alias Natsu au look fantaisiste, son histoire Degga est imaginative et inventive. C'est l'histoire d'un jeune garçon qui rêve de participer au tournoi de moutons de l'Aïd mais son paternel lui ramène chaque année une bête chétive. Après moult péripéties, il participe mais il doit avant tout affronter des robots qui interdisent cette fête religieuse. Degga est plein de rebondissements et d'événements avec une assise sur la société algérienne avec ses rites et coutumes.
Manga et science-fiction
C'est une belle histoire ancrée dans la réalité avec un registre qui fait des clins d'?il à la science-fiction. Le graphisme rappelle le manga dont sont férus les jeunes. Farah de la bédéiste Khawla Houria Kouza narre l'histoire d'une jeune enseignante qui subi les oukases de la directrice de son lycée. Puisée du substrat social, cette histoire imaginaire raconte les aventures éprouvées d'une jeune enseignante de 22 ans. A défaut de bizutage de la part de ses collègues, elle subit la méchanceté et la cruauté d'un jeune délinquant qui lui mène la vie dure dans la classe et l'injustice de la directrice qui n'est autre que la mère de ce garçon. Cette bande dessinée agréable fait des clins d'?il à la situation de la femme. Le scénario est harmonieux et rationnel et le graphisme rappelle le manga. Elle se lit avec plaisir. Le troisième livre de S Ahmed Le calice des damnés dévoile une BD au dessin plus proche de la BD européenne. Rechercher à tout prix le calice qui concède l'immortalité tel est le combat de Lamia qui veut sauver son père et de Zirid le preux combattant. Mais est-ce que cette immortalité vaut le coup ' N'est-ce pas un leurre ' Pour le savoir, il faut lire cette BD d'une grande fraîcheur et originalité. Inédite et ingénieuse, elle montre l'égoïsme de l'homme et la peur de la mort. Ces trois bandes dessinées menées habilement au niveau de l'écriture et au niveau du graphisme par ces jeunes bédéistes méritent un grand bravo. Dommage que les histoires ne se terminent pas au regard de la suite qui sera diffusée au prochain numéro. En attendant, les fans de BD rongent leur frein ! Ces BD sont d'une grande créativité et pleines d'étonnement. Un tout petit bémol : certains bédéistes devraient revoir les règles de conjugaison, notamment le subjonctif. Il faut noter que ces artistes savent donner du rêve grâce à leur imaginaire fructueux et abondant.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kheira Attouche
Source : www.letempsdz.com