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La balance en appel, SVP



Mohamed Sadji, un inculpé de 41 ans, entrepreneur exerçant au centre du pays avait été relaxé par le tribunal de Rouiba pour escroquerie, fait prévu et puni pr l'article 372 du Code pénal. La partie civile en l'occurrence, l'entreprise «La Belle» a estimé ne pas avoir eu la partie...belle et donc interjeté appel, tout comme le ministère public. A Boumerdès, mercredi matin, Maître Hadj Rachid Morsli avait quitté les vergers de Sidi Aïd (Boufarik) pour «Rocher Noir» pour représenter la partie civile.
Il faut dire que les faits qui ont mené Mohamed Hakim Sadji vers l'inculpation, avaient commencé par des soupçons de l'entreprise autour d'une escroquerie de plus de deux milliards six cent millions sans que pour cela les travaux commandés et réglés rubis sur ongle ne fussent honorés.
«Les factures ne répondent même pas aux normes requises par la loi en vigueur et pour lesquelles le ministère du Commerce a engagé des poursuites à Rouiba sur la base desdites factures présentées.» avait articulé, l'avocat qui avait presque ri lorsque Sadji avait contre-attaqué via la section commerciale et gagné son procès (l'affaire est toujours pendante au niveau de la Cour suprême). Mercredi, le prévenu avait en face de lui les deux avocats de l'entreprise «La Belle» ce bon vieux Maître Morsli et la jeune louve du barreau d'Alger Maître Radia Guerboukha, la fille aînée du regretté et inoubliable Maître Hassan Guerboukha ravi à la fleur de l'âge faisant du bâtonnat d'Alger un inconsolable orphelin. Ayant concocté en commun, une solide stratégie pour faire éclater la vérité, les deux conseils n'ont pas lésiné sur les moyens oraux déclenchés à un moment précis des débats. Lorsque l'électricité était dans l'air ambiant...
Les deux seront après à la barre grâce à la magnanimité de Nadia Mansour-Khodja, cette joviale présidente qui a eu le mérite de laisser les parties vider le sac, y compris Nasser-Saâd Ouadah, le procureur général, d'habitude peu bavard dans ce genre de dossier.
Le parquetier a même failli déstabiliser le prévenu en évoquant les...impôts! Les impôts, la bête noire de tout entrepreneur, poursuivi à la barre pour escroquerie. Les trois témoins n'ont pas été pesants sur les débats n'étant pas sous serment.
Le trio de juges ne s'est pas tellement penché sur les attendus du tribunal et encore moins le verdict du juge unique, étant certainement persuadé que si la partie civile et le parquet ont interjeté appel autour de la relaxe, ce n'était pas gratuit car il est vrai qu'il y a désormais trois juges assis, six oreilles et six yeux pour suivre la petite et la grosse.
Et c'est cela le charme de l'appel prévu par le législateur car la décision de la chambre correctionnelle devient dé-fi-ni-ti-ve et qu'il n'y a plus à se lamenter. Remarquons, que la cour a un surprenant procureur général qui ne pardonne aucun faux pas où d'autres écarts qui peuvent nuire à une cour où il a été nommé pour que justice soit rendue, pas pour se pavaner et attendre la fin de la journée sans rendement palpable. Cela est connu de tous les avocats avides d'une justice sereine, loin des bruits, des sous et même des sous-entendus colportés par toutes les parties s'accrochant à l'ultime branche pour être heureux et non pas piétinés gratuitement.
Et en entendant la date du verdict le 11 juillet 2012 être énoncée par Mansour-Khodja, nous avions eu la nette impression que la mise en examen de ce dossier n'allait pas être une partie de plaisir pour les trois magistrats.
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