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«L'USMA a mieux joué que nous mais le dernier mot nous est revenu» Hassan Tahir (vainqueur de la Coupe en 1971 avec le MCA) :



Le Temps d'Algérie : Que vous inspire la prochaine finale de la Coupe d'Algérie entre le Mouloudia et l'USMA '
Hassan Tahir : Il faut que ce soit une fête avant tout. Ce sont deux clubs qui se connaissent dont les supporters sont proches les uns des autres. Dans une même famille à Alger vous trouverez des Mouloudéens et des Usmistes, sans oublier les copains de quartier où les deux camps sont abondamment représentés.
Le jour de la finale vous verrez des véhicules se dirigeant vers le stade 5 juillet transportant des supporters des deux équipes. Il faut que cette bonne entente soit transposée dans les gradins. En tout cas, il y a eu quatre finales de coupe entre ces deux clubs et jamais on n'a fait état de désordre que ce soit dans le stade ou dans la rue. Cette 5e finale MCA-USMA doit rester dans cette tradition.
Vous avez participé à la première finale, en 1971, entre ces deux clubs, remportée par le vôtre, le Mouloudia, sur le score de 2 buts à 0. Avez-vous des souvenirs de cette confrontation '
Je m'en rappelle comme si c'était hier. Cette finale était la dernière qui se déroulait au stade 20-août. A partir de 1972, c'est le stade 5-juillet qui a pris le relai. C'était aussi la dernière à se jouer sur du tuf. Le Mouloudia avait pour particularité d'avoir un effectif de jeunes joueurs.
Vu leur inexpérience, personne ne croyait en lui. En tout cas face à l'USMA et ses joueurs expérimentés comme Meziani, Belbekri et autre Aïssaoui on le voyait sombrer. Je ne vous cache pas que l'USMA a mieux joué que nous. Elle nous a même dominé mais au final c'est le Mouloudia qui s'est imposé. Je me rappelle que nous les avions secoués au bout de cinq minutes de jeu sur un but de Betrouni et vers la demi-heure de jeu c'est Bachi qui a corsé l'addition. Je n'ai pas marqué lors de cette finale mais j'étais dans le coup sur les deux buts, à chaque fois en servant de fausse piste pour embarquer les défenseurs usmistes et ouvrir le chemin du but à mes coéquipiers.
C'était le premier grand titre du Mouloudia depuis l'indépendance du pays et celui d'un formidable triplé puisque lors de cette année 1971 nous avions remporté en décembre la Coupe maghrébine des vainqueurs de Coupe face au Club Africain de Attouga à qui j'avais inscrit le but de la finale. Nous avions poursuivi notre quête de trophées en remportant en juin 1972 le titre de champion d'Algérie.
Vous avez soulevé le trophée de la Coupe d'Algérie de 1971 '
Oui puisque j'étais le capitaine d'équipe du Mouloudia. Je me souviens des paroles de Feu le président Houari Boumedienne. «Mabrouk ya Si Tahir. Le Mouloudia méritait bien de gagner cette Coupe», m'a-t-il dit. Je vous avoue que mes jambes tremblaient et que j'ai failli tomber tellement le président m'impressionnait. Je lui ai demandé si je pouvais prendre une photo avec lui et il a accepté.
Qui était votre entraîneur lors de cette finale '
C'était Smaïn Khabatou. Je sais qu'on raconte que c'était Ali Benfaddah mais je confirme que c'était bien Khabatou. Benfaddah était notre coach lors de notre succès en Coupe maghrébine. En tout cas c'est bien Smaïn Khabatou qui était à la base du redressement du Mouloudia. C'est lui qui a demandé aux dirigeants de mettre sur la touche les anciens joueurs et de promouvoir les jeunes du club comme Bachi, Betrouni, Zenir, Maloufi et tant d'autres.
Il se dit que vous aviez un penchant pour l'USMA à cette époque-là.
Les clubs de mon enfance étaient l'ASSE puis l'OM Saint Eugène. Mon frère Kamel était à l'USMA et je le suivais presque partout. C'est comme ça que j'ai appris à aimer l'USMA. Ce sont les dirigeants de ce club qui m'ont contacté en premier. Ils m'avaient offert la somme de 3000 dinars pour signer à l'USMA. Je devais le faire mais le soir même, des gens du Mouloudia étaient venus me voir avec la somme de 6000 dinars. Comme ceux de l'USMA ne voulaient pas s'aligner sur cette somme j'ai préféré le Mouloudia.
Aucun regret '
Absolument pas. Le Mouloudia m'a permis de me faire un nom et de connaître des moments de joie comme je n'en ai jamais connus ailleurs. Le seul regret vient du fait qu'on m'a empêché, comme Hacène Lalmas, de signer dans un club en France. J'étais prêt à le faire en faveur du Paris SG mais un texte du MJS était tombé : pour partir jouer à l'étranger il fallait avoir au minimum 28 ans.
Que pouvez-vous nous dire sur la finale du 1er mai '
Je sais que le Mouloudia sera le favori mais à mon avis on aurait tort de se précipiter. L'USMA a, elle aussi, des arguments à faire valoir. Cette finale pourrait se jouer sur un coup de dés. Selon moi, ce sera du 50-50.
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