
Les 36 responsables libyens (27 leaders politiques et 9 personnalités nationales y compris du Sud), qui se sont réunis à Alger, pour la 3e fois depuis mars dernier, sous les auspices de Bernardino Leon, le médiateur de l'ONU, ont affiché clairement leur « forte volonté » de résoudre « ensemble » la crise multidimensionnelle qui secoue leur pays. Ils plaident pour la formation, en « urgence », d'un gouvernement d'union nationale doté de larges prérogatives. « Cette réunion, marquée par des échanges francs, entrera dans l'histoire de la Libye nouvelle et de toute la région », déclare Abdelkader Messahel, le ministre des Affaires maghrébines, de l'Union africaine et de la ligue des Etats arabes, avant de réitérer le soutien « indéfectible » de l'Algérie à la Libye dans sa quête de la paix et de la stabilité. « Il est de notre devoir, en tant que pays voisin, de soutenir et d'accompagner nos frères libyens », dit-il, rappelant que « nous partageons avec ce pays plus de 900 km de frontière ». Le diplomate espagnol, qui travaille déjà sur un 4e projet qui tiendrait compte de trois principes : équilibre, consensus et globalité, presse les Libyens qui ont placé l'intérêt de leur pays « avant toute autre considération » et affiché leur « disposition à faire des concessions pour un retour immédiat de la paix et de la stabilité », de donner « rapidement » leur accord à « la formation » du gouvernement et de « proposer des noms de personnalités qui en feront partie ». « Il n'y a plus de temps à perdre pour conclure un accord de paix, en raison de la dégradation de la situation économique, la menace terroriste et de Daech qui prend de l'ampleur et la crise humanitaire qui prévaut dans différentes régions du pays », leur dit-il. Dans un point de presse qu'il a coanimé avec Messahel, à l'issue de cette réunion, Bernardino Leon, qui estime qu'« il est encore possible de sauver la Libye », a donné une précision à ceux qui doutaient du « poids » de ceux qui négocient à Alger. « Ils représentent 95% de la société libyenne », dit-il. « Ils appartiennent à des partis politiques qui ont marqué la scène politique libyenne ces trois dernières années », explique-t-il. D'où, dit-il, la « clarté et la légitimité » de cet appel d'Alger qui « répond aux aspirations de la société libyenne » que la « communauté internationale est prête à accompagner. Il y a « une dynamique impulsée en Libye pour une résolution politique de la crise. Nous devons l'encourager et la soutenir » car elle permettra la formation d'un gouvernement qui sera l'interlocuteur de la communauté internationale » explique Messahel. « Avant octobre », précise un médiateur algérien car « le mandat du Parlement siégeant à Tobrouk prendra fin ». Dans une déclaration en dix points qu'ils ont adoptée au terme de deux jours d'« âpres » négociations, les « 36 » demandent aux deux gouvernements ? et aux deux Parlements ? rivaux l'un à Tripoli et l'autre à Tobrouk, de « faire des concessions pour parvenir à un accord politique global équilibré et consensuel et former un gouvernement d'union nationale » qui « doit prendre ses fonctions rapidement pour qu'il puisse s'attaquer, loin de toute ingérence étrangère, aux nombreux défis auxquels fait face la Libye dans les domaines sécuritaire, économique et politique », lit-on dans le document. Certains leaders libyens, qui se félicitent des premiers cessez-le-feu et échanges de prisonniers conclus entre milices et régions, souhaitent la mise en place de corridors humanitaires avant le ramadhan. Notamment à l'est du pays où la crise humanitaire serait, selon certains, à la limite du supportable.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djamel Boukrine
Source : www.horizons-dz.com