Alger - A la une

L'université, l'autre tribune pour le pouvoir



Le pouvoir a décrété l'interdiction des activités politiques à l'université. Cependant, il n'hésite pas à passer outre lorsqu'il lui tient à c?ur de faire la promotion de ses propres projets politiques. C'est ainsi que, pour promouvoir le projet de la révision constitutionnelle, les autorités réactivent leurs anciens relais, notamment parmi la communauté universitaire. Hier, une table ronde a regroupé des personnalités et certains universitaires à la Faculté des sciences politiques de l'Université Alger 3.Les convives ont été appelés à débattre de la "révision constitutionnelle" et de "la nouvelle république" tout en précisant sur les banderoles confectionnées à cet effet que "l'université est un espace de débat". Pourtant, les mêmes autorités interdisent à d'autres composantes de la société et de la classe politique de débattre à l'université.
La veille de cette rencontre, une projection du film Z, du réalisateur franco-grec Costa Gavras, a été interdite à l'université des sciences et de la technologie Houari-Boumediene de Bab Ezzouar. La projection, qui devait être suivie d'un débat, a été organisée par des étudiants. Au début du mouvement populaire, une conférence, que devait animer l'avocat Mostefa Bouchachi à l'Université de Blida, a tout simplement été empêchée.
Quelques mois auparavant, le sociologue et militant, Nacer Djabi, a été également interdit d'animer une conférence à la Faculté des sciences politiques de l'Université Alger 3. En plus d'utiliser l'université pour faire la promotion d'une révision de la Constitution, dont la mouture n'est même pas disponible, le pouvoir a battu le rappel des anciennes organisations estudiantines qui ont fait la promotion du régime précédent.
C'est ainsi que depuis quelques semaines, des rencontres de ce genre se multiplient un peu partout dans le pays. Cela rappelle ainsi les méthodes de l'ancien pouvoir. Le "changement de pratiques", dont parle l'actuel chef de l'Etat, ne se vérifie donc pas sur le terrain. C'est tout le contraire qui est donné à voir.
L'utilisation de l'université comme plateforme pour la promotion de la politique du pouvoir n'est qu'une preuve supplémentaire de ce que, contrairement au discours officiel, peu de choses ont réellement changé depuis le début du mouvement populaire et l'arrivée d'Abdelmadjid Tebboune à la tête de l'Etat. Il suffit de regarder le journal télévisé de la télévision gouvernementale et d'écouter les informations à la radio pour se rendre compte que les Algériens sont face aux mêmes pratiques.
En même temps que le "squat" des antennes et des écrans, d'autres pratiques héritées d'un temps qu'on croyait révolu ont toujours cours. Entre autres le rétrécissement des libertés, les arrestations et les condamnations des manifestants et les interdictions des réunions des partis de l'opposition et des associations.

Ali BOUKHLEF
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)