L'Union nationale des boulangers a exclu toute augmentation du prix du pain en Algérie. Elle a aussi écarté tout recours de ses adhérents à la grève. Les représentants des boulangers insistent sur la sauvegarde de leur marge bénéficiaire, mais celle-ci ne doit pas influer sur les prix du pain. « Le dossier est sur le bureau du ministre du Commerce. Celui-ci a montré sa disponibilité à examiner les points énumérés dans notre plateforme. Notre souhait est qu'il en accélère l'examen. Nous espérons avoir une réponse dans un délai de deux à trois mois », a déclaré M. Hadj-Tahar Boulenouar, porte-parole de l'UGCAA.
« L'UGCAA ne demande pas l'augmentation du prix du pain. Nous refusons même cette augmentation. En revanche, nous appelons le gouvernement à prendre les mesures nécessaires à même de garantir la marge bénéficiaire des boulangers », a déclaré dimanche M. Hadj-Tahar Boulenouar, porte-parole de l'Union des Commerçants. Au cours d'un point de presse, tenu en présence du président et des dirigeants de l'Union nationale des boulangers, organisation affiliée à l'Union des Commerçants, M. Boulenouar a indiqué que le dossier des boulangers, qui comprend trois propositions, « est actuellement sur le bureau du ministre du Commerce ». Le ministre du Commrce, M. Mostefa Benbada, a manifesté une attention toute particulière quant à résoudre les problématiques des boulangers, a déclaré M. Boulenour.
« Nous ne voulons pas une augmentation des prix du pain, nous nous y opposons fermement. Cela pour trois raisons : la première c'est que les boulangers eux-mêmes n'en veulent pas. La seconde, c'est parce que les conditions socio-économiques de nos concitoyens ne plaident guère pour une telle option. Et enfin, nous pensons qu'il y a des alternatives qui vont nous éviter tout augmentation », a expliqué M. Boulenouar.
Parmi les alternatives proposées par l'UGCAA, figure en premier lieu la subvention des autres composants entrant dans la fabrication du pain (en dehors de la farine, subventionnée), à l'instar des produits améliorants. L'UGCAA suggère que le gouvernement allège les charges fiscales et parafiscales, ou revoit à la baisse les tarifs d'électricité, du gaz et de l'eau. « Nous demandons à l'Etat de nous aider en subventionnant les produits qui entrent dans la fabrication du pain, le prix du pain en lui-même ne constitue pas pour nous un point de fixation », a plaidé pour sa part Omar Ameur, président de l'Union des boulangers, qui a lui aussi écarté l'éventualité d'une grève. « Le gouvernement subventionne, certes, le prix de la farine. Mais nous savons aussi que d'autres produits entrent dans le processus de fabrication qu'il va falloir penser à subventionner », a-t-il dit.
Par ailleurs, l'UGCAA prévoit une série de regroupements régionaux, à l'est, à l'ouest et au centre du pays, à partir de mercredi 6 février, en vue de sensibiliser ses adhérents et les tenir au courant des discussions en cours avec le ministère du Commerce pour la prise en charge de leurs revendications.
Dotations des boulangeries en groupes électrogènes : l'échec
La déclaration de M. Boulenouar, dont l'organisation est proche du gouvernement, intervient au lendemain d'une grève déclenchée par Les boulangers de l'ouest du pays, en dehors des syndicats établis comme l'Union des Boulangers. Les grévistes réclament notamment une augmentation de leur marge bénéficiaire, grignotée par l'inflation et les coûts de revient, alors que le prix du pain n'a pas changé depuis une dizaine d'années. Le gouvernement, soucieux d'abord de préserver la paix, redoute les implications d'une augmentation des prix, et refuse d'en entendre parler, notamment depuis les émeutes de janvier 1991 qui avaient révélé la précarité de la paix sociale dans le pays.
Pa ailleurs, pour parer aux fréquentes coupures d'électricité, à l'origine de beaucoup de désagréments subis par les boulangers, le gouvernement a répondu favorablement à l'appel des professionnels en vue de les doter de groupes électrogènes.
. Une convention a même été signée entre les boulangers, le ministère du Commerce et les fournisseurs. C'est ainsi que des prêts bancaires, auprès de la BADR, leur ont été accordés. Mais les taux d'intérêt pratiqués ont dissuadé la majorité des boulangers à s'équiper en ces groupes. Seuls 350 groupes électrogènes ont été acquis pour plus de 14.000 boulangeries à travers le territoire national.
Ces résultats reflètent l'échec de l'opération, que les professionnels ont pourtant appelée de tous leurs v'ux. « L'opération a davantage fonctionné dans les zones rurales. A Alger par exemple, doter les boulangeries en groupes électrogènes peut susciter la colère des riverains à cause des nuisances sonores », a déclaré M. Ameur. Celui-ci fait le même constat concernant l'opération de doter les boulangeries en papier à pain alimentaire, mais pour d'autres raisons. La cherté des prix du papier et le manque d'adhésion des opérateurs économiques ont précipité l'échec de l'opération.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Younès Djama
Source : www.maghrebemergent.info