Alger - A la une

L'Union maghrébine arabe a pourtant de quoi séduire '



Il n'est nul besoin de revenir sur le contenu du dernier discours du monarque marocain dès lors que les spécialistes du dossier Algérie-Maroc n'ont retenu que l'incroyable rétropédalage qui le caractérise ! En effet, ont-ils dit « Mohammed VI a pour habitude de faire marche arrière, de se rétracter, lorsque le pouvoir algérien perd patience et fait preuve de grande fermeté ». Il s'est encore une fois exprimé pour tenter de détourner l'attention sur la situation interne qui prévaut dans le royaume, pour redire, que « l'Algérie en est le problème essentiel» !Est-ce à dire que le couple algéro-marocain, qui n'a jamais fait bon ménage serait définitivement condamné' Oui, à voir les implications géopolitiques de l'épisode de Guerguerat qui ont précipité la rupture. Et l'intervention du diplomate marocain à l'ONU et le scandale PEGASUS qui l'ont scellé ! Quid aussi de l'Union Maghrébine Arabe sachant que le Maroc et son souverain en sont les principaux facteurs bloquants'
De nouvelles alliances se sont faites au détriment des anciennes avec le concours de nouveaux acteurs régionaux et internationaux, avec lesquels le Roi a conclu des pactes « douteux », dont la mission est justement de précipiter la fin du Maghreb, sur tous les plans.
A titre d'exemple, la somme de 200 milliards de dollars supplémentaires par an a été, par exemple, énoncée !
Elle correspondrait à des bénéfices qu'auraient pu engranger les économies du Maghreb à l'horizon 2019, si leurs pays cessaient de se regarder en chiens de faïence et décidaient, enfin, de coopérer ! Pourtant, l'Union Maghrébine Arabe, a l'image de l'Union européenne promise était riche de promesses à sa naissance : « Union douanière» dès 1995, puis « Marché commun », à l'horizon 2000 ! Plusieurs années ont passées depuis et les économies du Maghreb continuent d'avancer en ordre dispersé malgré quelques rares initiatives comme la création d'une « Union maghrébine des employeurs » (UME) en 2007 et d'une « Union maghrébine des foires» en 2008 qui a tenu son premier salon à Alger.
Hélas, le bilan, aujourd'hui, est bien maigre !
Ce qui avait alarmé en son temps, le patron du FMI d'alors, Dominique Strauss-Kahn, qui, en 2008, lors d'une escale à Tripoli, a appelé « à accélérer la réalisation de l'intégration économique des pays de la zone ». Paradoxe, les économies du pays du Maghreb s'avèrent davantage tournées vers l'Europe que vers leurs voisins directs !
Plutôt aussi que de négocier, en force, avec l'Union européenne, la Tunisie le Maroc et l'Algérie ont fait cavalier seul, sans pour autant en tirer des avantages commerciaux et douaniers !
Ce n'est quand même pas compliqué de s'appliquer à eux-mêmes les relations commerciales et douanières qu'ils ont avec l'UE, s'est étonné DSK à Tripoli. La zone maghrébine a pourtant de quoi séduire, elle offre un marché de 150 millions de consommateurs à l'horizon 2025 !
Sauf que les dures réalités du terrain freinent toutes les initiatives :
1. marchés aux besoins mal identifiés
2. lourdeurs bureaucratiques
3. barrières tarifaires
4. systèmes bancaires peu concurrentiels,
5. et donc, faible soutien à l'investissement productif !
Réaliser la communauté économique maghrébine '
Cela ferait gagner à ses membres une valeur ajoutée annuelle d'environ 10 milliards de dollars, soit l'équivalent de 5% de leurs produits intérieurs bruts cumulés. Paroles d'experts !
D'éminents universitaires de la Méditerranée, dont le professeur algérien Abderrahmane Mebtoul, ont tenté de relancer le débat et d'attirer ainsi l'attention des décideurs sur les avantages d'un Maghreb uni ; « il serait suicidaire pour chaque pays du Maghreb de faire cavalier seul », relève le professeur qui affirme : « l'intégration économique régionale est une nécessité historique ».
Sans inclusion euro-méditerranéenne, le Maghreb serait bien davantage balloté par les tempêtes du marché, avec le risque d'une marginalisation croissante ; « une sortie des radars de l'histoire », a prédit l'éminent professeur qui a ajouté : « On peut faire avancer l'intégration maghrébine par des synergies cultuelles et économiques comme cela s'est passé entre l'Allemagne et la France, grâce au programme Schuman du charbon et de l'acier ». Et les exemples sont nombreux entre tous les pays du Maghreb:
• La combinaison du gaz algérien et du phosphate marocain au moyen de Co-partenariats internationaux bien ciblés, permettrait de créer une des plus grandes entreprises d'envergure mondiale d'engrais, selon les experts, comme le professeur Mebtoul.
Ces derniers recommandent également:
• la redynamisation de la « Banque maghrébine d'Investissement»,
• la création d'une « monnaie maghrébine », à l'image de l'euro européen,
• ainsi que la mise en place d'une « Bourse maghrébine » qui devait s'insérer « horizon 2020 », au sein du projet de création de la Bourse euro-méditerranéenne.
Tous ces projets, s'ils avaient été mis en ?uvre, auraient contribué, à coup sûr, à la prospérité du Maghreb et de ses habitants.
Certes, c'est encore un rêve, diront certains, au regard des obstacles de toutes natures qui ne sont pas à négliger.
Le business peut faire, dit-on, ce que les politiques ne font pas ! Quoique. Mais ce projet de l'UMA ne mobilise guère les dirigeants politiques, et à leur tête, notre ami le Roi!
Et il vient d'en faire la démonstration avec son discours destiné à son peuple pas dupe pour autant !
Les autres pays de la région maghrébine n'en sont pas quitte pour autant. En refusant d'assumer en commun leur destin, ils vont désormais entrer, tous et séparément, dans une phase des plus critiques.
Et pourtant, il y a des choses à faire ! Il y a de l'espace, par exemple, pour « la diplomatie économique », le Maghreb ayant toutes les potentialités pour devenir un pivot stable. Et aussi pour traiter d'égal à égal avec l'Europe et la Chine, par exemple. La diplomatie économique en France est le fer de lance du ministère des Affaires étrangères ; qu'on se rappelle des déplacements en Algérie de Laurent Fabius pour promouvoir le partenariat signé avec Renault et l'enthousiasme qu'il a mis pour faire aboutir le contrat ! Et pourtant, le miracle est possible ! Avec cette incroyable fusion de trois groupes de musique « ghiwane » d'Algérie, du Maroc et de Tunisie, pour n'en faire qu'un : «Nous avons nos sensibilités, mais tout nous unit, notre musique nous a permis d'abattre les frontières qui pourraient exister entre nos peuples ». (2)
C'est le défi réussi d'artistes venant d'horizons différents pour «construire » un nouveau destin commun, être en communion et aller à la découverte de nouvelles perspectives.
Sans préjugés, ni faux-fuyants contrairement à ceux qui ont opté pour la ruse et les faux fuyants !
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