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L'origine des prénoms employés en Algérie Aguellid, Guellida



L'origine des prénoms employés en Algérie Aguellid, Guellida
Ces prénoms figurent dans la nomenclature des prénoms amazighs, adoptée cet été par le gouvernement algérien. Aguellid signifie "roi" (variante Guellid) et Guellidt (variante Taguellidt) signifie "reine". Autre prénom adopté : Guellidasen "leur roi". Ils dérivent tous de la racine GLD, attestée depuis l'antiquité. Ainsi, dans son recueil des inscription libyques, Jean Chabot reproduit à plusieurs reprises cette inscription : GLD. On lit également sur le mausolée de Massinissa, à Thougga (l'actuelle Dougga, en Tunisie, cette phrase : Msnsn gld ugvy, qui se lit : Massinissa le roi, fils de Gaïa (le libyque, les lettres supposent une forme originelle Gayaya). Quant au lettres Gldt, nous supposons qu'il s'agit d'un verbe formé à partir de gld: geldet, avec le sens de régner, exercer l'autorité. Le parler kabyle des At Weghlis, en Petite Kabylie, a gardé le verbe gluda "commander aux autres", mais ce verbe est devenu d'un emploi rare, on ne le rencontre que dans les berceuses. Le mot s'applique aussi bien à des souverains comme Massinissa qu'à des personnages n'exerçant pas la fonction de roi. Ainsi Gldmsk est un mot composé de gld et msk. Selon les explications données, il s'agit là d'un magistrat chargé des finances et on y a même vu un architecte. En effet, sk est proche du berbère moderne : es'k, e'k "construire'', le "m" étant un préfixe de nom d'agent. Au Moyen Âge, le mot a le sens de roi, ainsi que l'atteste Ibn Khaldoun. Le mot qui avait à l'origine un sens général (chef, maître) s'est progressivement restreint à la fonction de roi. La royauté était l'apanage des hommes, mais il n'est pas exclu que des femmes l'aient exercée, ainsi que l'atteste l'exemple de Dihiya ' la Kahina ' héroïne de la résistance à la conquête arabe. Le titre d'"agellid" était héréditaire et échoyait au membre le plus âgé de la famille, mais certains rois ont modifié cette règle et établi, au profit de leurs enfants, la succession de père en fils. L'"agellid" avait un pouvoir absolu sur ses sujets, mais ce n'était pas un tyran. Il laissait aux tribus et aux villes le soin de s'administrer et même de battre leur propre monnaie. Souvent, il se contentait de lever des impôts, payés en nature ou en or. Ce dernier mode de paiement lui permettait de constituer des trésors nécessaires pour entretenir les armées.M. A. H
(mahaddadou@hotmail.com)
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