Tous ces prénoms dérivent de la racine arabe 'NS, qui fournit, entre autres, le verbe anisa ''devenir familier avec quelqu'un, s'habituer à lui, rendre familier, doux, tenir compagnie, apprivoiser". Parmi les prénoms masculins on a : Anas, familier, ami, Anis, de anis, compagnon, ami intime, Lounes et sa variante, Lounis, 'variantes kabyles de Anis ; parmi les prénoms féminins, il y a Anissa ''compagne, amie intime, fille de caractère doux, en compagnie de laquelle on se sent à l'aise". Sa variante kabyle Ounissa et sa variante chaouie, Ouanassa. Parmi les Algériens qui ont porté le prénom de Lounès, il faut citer le poète et chanteur Matoub Lounès, né en 1956 à Tawrirt Musa, en grande Kabylie, il meurt, assassiné à Tizi Ouzou, en 1998.
Ainsi qu'il le raconte lui-même dans le livre autobiographique qu'il publia en 1995, il fut toute sa vie durant un rebelle : enfant, il s'insurgeait contre le système scolaire qui brimait sa spontanéité, adolescent et adulte, il se révoltait contre la répression qui s'exerçait contre sa langue maternelle et sa culture. Comme il avait une belle voix et savait jouer de la guitare et de la mandoline, ses amis le poussèrent à chanter. Ses cassettes remportèrent un grand succès : le public kabyle, notamment, la jeunesse, se retrouvait dans ses chansons, qui, tout en célébrant la terre natale et l'amour, critiquaient le système politique de l'époque.
Les événements du Printemps berbère de 1980, le poussèrent à radicaliser ses positions et à se lancer, corps et âme, dans le combat identitaire. Il participa aux émeutes d'octobre 1988, qui devaient marquer l'ouverture politique en Algérie et permettre la création de partis d'oppositions. Il fut grièvement blessé et resta plusieurs jours à l'hôpital.
Le 25 septembre, Matoub est enlevé sur la route de Takhout, puis, sous la pression populaire, relâché. Malgré les menaces qui pesaient sur lui, Matoub continua son travail d'artiste et de militant. En 1998, il préparait un nouvel album, qui devait sortir en juillet, simultanément en France et en Algérie.
L'artiste était rentré en Algérie, pour mettre au point son album. Pour des millions d'Algériens, Matoub est devenu le symbole du combat identitaire et de la lutte pour la liberté et la démocratie.
M. A. H
(mahaddadou@hotmail.com)
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohand Akli HADDADOU
Source : www.liberte-algerie.com