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L'Ordre et le Syndicat des pharmaciens tirent la sonnette d'alarme



Le nombre d'officines connaîtrait un boom, selon la Commission nationale de coordination, composée du Syndicat national des pharmaciens d'officine (Snapo) et le Conseil national de l'Ordre des pharmaciens. La commission demande l'annulation de la circulaire 003 relative à l'ouverture des officines dans les zones enclavées qui serait à l'origine de cette situation qui risque de mettre en péril la profession.Salima Akkouche - Alger (Le Soir) - Le Conseil de l'Ordre des pharmaciens et le Syndicat national des pharmaciens d'officine demandent l'annulation pure et simple de la circulaire 003 relative à l'ouverture des officines dans les zones enclavées de l'arrêté fixant les conditions d'installation, d'ouverture et de transfert d'une officine pharmaceutique publiée en 2005.
Les deux organisations dénoncent un recours « excessif à cette circulaire». Résultat, dénoncent-elles, «il existe une saturation en matière d'ouverture d'officines pharmaceutiques. «La commission dénonce le surnombre et l'état de saturation en matière d'ouverture d'officines pharmaceutiques, par le recours excessif et exagéré à la circulaire 003 sur les zones enclavées et demande son annulation», ont déclaré le Snapo et l'Ordre des pharmaciens dans un communiqué.
Selon ces derniers, cette saturation met réellement en danger la survie des officines et compromet l'accès des citoyens aux médicaments.
Messaoud Belambri, président du Snapo, a expliqué au Soir d'Algérie que les pharmaciens ont adhéré en 2005 à la proposition du ministère de la Santé portant sur l'ouverture des officines dans les zones enclavées. Et depuis, dit-il, il y a ouverture de 4 500 officines. Toutefois, dénonce M. Belambri, «on ne peut pas considérer, depuis 2005, que l'Algérie n'est constituée que de zones enclavées, puisque les 4 500 officines ouvertes depuis cette date, le sont toutes dans le cadre de cette circulaire. Il y a eu une exagération d'une manière dérogatoire au recours à cette circulaire de zones enclavées au point où il y a des officines qui ont ouvert dans des endroits où il n'existe même pas un épicier», dénonce M. Belambri.
Certes, souligne le président du Snapo, il existe de nouvelles cités comme la cité Sidi-Abdallah, à Alger, ou Ali-Mendjeli à Constantine, où il y a nécessité d'ouvrir des officines, mais il faut qu'il y ait une ouverture «raisonnable». «Si l'on continue d'ouvrir d'une manière dérégulée, c'est la profession qui est mise en danger», avertit le président du Snapo qui souligne que le seuil de saturation est dépassé dans certaines localités. D'autant que, dit-il, le pharmacien ne bénéficie d'aucun encouragement sur le plan fiscal.
«Nous avons contribué à l'application au tarif de référence, à l'encouragement de la production nationale qui était de 15% à l'époque et qui a atteint actuellement 70% en matière de volume, grâce à nos efforts considérables en matière de substitution, aux conseils, à la délivrance des médicaments fabriqués localement», a déclaré M. Belambri.
Pour rappel, la circulaire 003 en question sur la couverture en officines pharmaceutiques dans les zones enclavées de l'arrêté n° 02 du 15 janvier 2005 fixant les conditions d'installation, d'ouverture et de transfert d'une officine pharmaceutique adressée aux directeurs de la santé, a été mise en place pour combler l'insuffisance dans la couverture en officines à l'époque. « Nous sommes saisis régulièrement sur les insuffisances enregistrées dans la couverture en officines de pharmacie dans nombre de localités, entraînant l'exclusion de franges entières de la population, de l'accès de proximité aux médicaments et autres produits pharmaceutiques. L'implantation de pharmacies dans les zones déshéritées ou enclavées doit être comprise dans le sens de prendre en charge les difficultés que rencontrent les populations vivant dans les zones ou quartiers isolés ou excentrés. À cet effet, il vous est demandé de veiller à pourvoir en officine pharmaceutique, les agglomérations de création récente, existant à la périphérie urbaine, dont le degré de concentration et le volume de la demande à satisfaire nécessitent la disponibilité permanente de services sanitaires et pharmaceutiques. Il est demandé de tenir compte également de toute zone isolée des communes limitrophes, pourvues d'officines, par des obstacles naturels ou artificiels qui en rendent l'accès difficile tels que oued, barrage, colline, autoroute, voie ferrée... Tout lieu dont la densité ou les flux de population sont jugés suffisamment importants, tels que, à titre d'exemple, les aérogares, les gares routières et ferroviaires. L'implantation des officines de pharmacie dans les localités sus-évoquées est laissée à l'appréciation du directeur de la santé, en concertation, le cas échéant, avec les parties concernées, la décision devant être guidée par le souci d'assurer une réponse adaptée aux besoins de santé de la population», lit-on dans la circulaire.
À souligner qu'il est autorisé l'ouverture d'une officine de pharmacie sur la base de proportion d'une officine pour 5000 habitants dans les communes comptant une population de 50 000 habitants et au-delà. Toutefois, selon le Snapo, les normes ont été dépassées. «Nous sommes à une pharmacie pour 3 000 habitants dans certaines localités et nous sommes même arrivés à une pharmacie pour 2000, voire 800 habitants», dit-il. Actuellement, l'Algérie dispose de 12 000 officines au niveau national.
Le Snapo, qui qualifie la situation économique des pharmaciens de «catastrophique», indique qu'entre 60% et 70% des pharmacies vivent dans de réelles difficultés financières.
S. A.
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