Le député «sans option» touchera 30 millions
L’ordonnance présidentielle y afférent a été adoptée hier en séance plénière: Les députés ont désormais leurs nouveaux salaires.
Pour l’anecdote, il y a lieu de souligner que les travées de l’hémicycle étaient quasiment pleines, hier, en cette période de Ramadhan où les députés préfèrent d’habitude rester chez eux. Il est vrai que la présence valait son pesant de cacahuètes. Du coup, nos représentants voient leurs salaires faire un bond spectaculaire, passant de 150.000 dinars à 300.000 dinars, indemnités comprises, notamment celle de l’hébergement, de la restauration et de l’habillement et avec un effet rétroactif à compter du 1er janvier 2008. Donc gros rappel en perspective.
Ceci pour les députés «sans options», mais pour ceux qui ont des responsabilités, l’indemnité est proportionnelle à l’importance de cette responsabilité. Hier, à la fin de la séance plénière, les députés croisés dans les couloirs était tout heureux. Il y a de quoi, car le président de la République a accédé ainsi à leurs desiderata, après avoir revu déjà les salaires des ministres. Il faut néanmoins souligner que les députés du RCD et ceux du PT ont émis un vote négatif. Les arguments du RCD portent sur la forme. Ils rejettent l’adoption par ordonnance et auraient souhaité un débat. Les députés de Louisa Hanoun ont contesté le fond, estimant qu’il n’est pas normal que la proposition d’un SMIG à 25.000 dinars, faite par le PT, soit refusée par ces mêmes députés qui acceptent aujourd’hui de se voir octroyer des émoluments aussi conséquents.
Evidemment, il ne s’agit pas de crier haro sur les députés en vertu du principe bien algérien, le «Hosd». Ils sont des parlementaires dont le statut a des exigences. Et nous avons appris hier dans les couloirs de l’APN que même avec ces augmentations, nos députés ne sont pas encore au niveau de leurs collègues du Maroc et de Tunisie. C’est ce que nous ont déclaré certains d’entre eux, histoire sans doute d’atténuer l’éventuel effet négatif que cette augmentation pourrait avoir sur l’image du parlementaire au sein de l’opinion publique. Cet effet est inéluctable car cette augmentation intervient -c’est là sans doute la maladresse- en plein mois de Ramadhan, c’est-à-dire au moment où les bourses des citoyens sont mises à rude épreuve à la fois par les dépenses du mois sacré et de la rentrées scolaire, alors que l’on sort à peine d’un été qui fait des dégâts dans les budgets, à cause des fêtes. «C’est de la provocation ces augmentations, alors que la plupart des Algériens tirent la langue», s’indigne une consœur en s’adressant à un député du FLN. S’il n’y a pas lieu d’épiloguer sur cette augmentation, on se demande alors pourquoi les pouvoirs publics se cabrent, s’agissant des salaires des enseignants du Supérieur et des professeurs en médecine, pour ne citer que ces deux corps dont les augmentations obtenues en début d’année sont qualifiées de «dérisoires». Grand bien fasse pour nos parlementaires, mais ils doivent justifier ces émoluments en étant plus à l’écoute de leurs électeurs, en étant plus présent à l’hémicycle. Ils doivent surtout se battre pour avoir de plus larges prérogatives, pour ne pas être de simples mains qui se lèvent pour dire oui aux projets du Gouvernement. Cette vilaine réputation qui leur colle à la peau.
H. Senouci
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com