Alger - A la une

L'opposition perd sa voix



Après avoir donné l'air d'inscrire son projet dans le long terme, l'opposition semble commencer à se fissurer.La Coordination pour les libertés et la transition démocratique ainsi que l'Instance de concertation et de suivi de l'opposition ont disparu des radars ces derniers jours. Pourtant, à la veille de la deuxième rencontre qu'a organisée l'opposition à Alger, moult promesses ont été faites par certains acteurs. Ici et là, on parlait même de «petite révolution». Côté pouvoir, on n'a pas hésité à accuser les participants à la rencontre de jouer la carte de la déstabilisation du pays. Mais dans les faits, à peine la rencontre du 30 mars dernier terminée, le livre a été fermé et tout le monde a repris ses habitudes, chaque parti et chaque personnalité membre de l'Icso ou de la Cltd mettaient en application son propre agenda. En, effet, après avoir fait fantasmer plusieurs observateurs de la scène politique nationale, le congrès de l'opposition a commencé par se transformer en «Conférence nationale de l'opposition». Cela paraît banal pour beaucoup mais, en vérité, ce qui devait être un exploit s'est transformé en «farce». Car, comme nous l'a rappelé un membre très influent de l'Icso, contrairement à une conférence où il est simplement question d'échanger des points de vue sur des questions plus ou moins précises, «un congrès est un moment fort qui sort nécessairement avec des instances et des résolutions». De plus, de toutes les actions de terrain qui devaient être organisées par l'opposition, aucune n'a été annoncée officiellement. Certains partis, comme le RCD, le MSP et Jil Jadid, essaient, à des degrés divers, d'occuper le terrain à travers des meetings et des conférences. Le RCD, par exemple, a, pour le seul mois d'avril, organisé plus d'une trentaine de conférences-débats et trois marches populaires. Mais les actions qui devaient être menées conjointement par tous les acteurs de l'opposition sont, pour l'heure, en stand-by. C'est dire que l'opposition, dans sa démarche de rassemblement, a échoué. Elle est, pour l'heure, dans l'impasse. D'un côté, le pouvoir refuse d'engager la transition démocratique qu'elle réclame, d'un autre, ses membres peinent à trouver un consensus sur la démarche à accomplir pour inverser le rapport de force en sa faveur. «L'Icso est un espace hétérogène où chaque membre déverse ses impressions et ses idées sans tenir compte du socle commun à tous les membres. Contrairement à la Coordination pour les libertés et la transition démocratique (Cltd) qui, elle, a un objectif très clair, à savoir aller vers une transition démocratique pacifique, l'Icso peine à se dessiner une perspective», nous a déclaré récemment un membre de cette instance. Cela veut-il dire que l'opposition a renoncé à son initiative d'occuper le terrain pour imposer son agenda au pouvoir' Ce silence précède-t-il un bruit qui ne tardera pas à se faire entendre ou, au contraire, annonce-t-il la fin d'une étape dans la vie de l'opposition'


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