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L'opposition durcit le ton



L'opposition durcit le ton
Les animateurs du mouvement d'opposition le Groupe des 20 sont allés cette fois-ci plus avant dans leurs revendications en demandant carrément le changement du gouvernement en vue de permettre une organisation transparente de l'élection présidentielle.Changement de gouvernement, installation d'une commission indépendante pour la préparation et l'organisation de l'élection et report de la révision constitutionnelle. A moins d'un mois de la convocation du corps électoral pour la présidentielle d'avril 2014, des partis de l'opposition accordent, pour la première fois depuis des années, leurs violons et mettent la pression sur le pouvoir, sommé désormais de fournir plus de garanties pour un scrutin «sans fraude». En effet, au moment où tout le staff gouvernemental, à sa tête le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, s'est déployé sur le terrain pour défendre le bilan du chef de l'Etat et préparer, peut-être, la voie à un quatrième mandat, une vingtaine de partis et de personnalités politiques nationales revoient à la hausse le seuil de leurs revendications. Réunis dans une coalition, le Groupe des 20, ces derniers formulent, à chacune de leurs rencontres, de nouvelles exigences ; elles sont désormais au nombre de trois.Après avoir demandé, il y a quelques jours, le report de la révision de la Constitution et l'installation d'une commission indépendante pour l'organisation des élections, les responsables de ce mouvement appellent, cette fois-ci, au changement de gouvernement. «Ce changement devra concerner, en particulier, les départements ministériels qui ont un lien direct avec la préparation et l'organisation des élections. Un tel changement constitue une des garanties pour la transparence et la neutralité de l'élection ainsi que pour l'égalité des chances entre tous les candidats à la prochaine élection présidentielle», précise-t-on dans un communiqué rendu public à l'issue de la rencontre du Groupe des 20, tenue hier à Alger. Cette nouvelle revendication vise notamment les ministères de l'Intérieur et de la Justice, confiés en septembre dernier à deux hommes réputés proches du président Bouteflika, en l'occurrence Tayeb Belaïz et Tayeb Louh.Leur nomination à la tête de ces deux départements, impliqués directement dans l'organisation des élections, est perçue par l'opposition et les observateurs de la scène nationale comme une man?uvre pour verrouiller la prochaine joute électorale.«Un changement pacifique ou l'incertitude»En faisant ces propositions, les animateurs de ce mouvement d'opposition ? auquel participent même des candidats déclarés à la prochaine présidentielle, comme Ahmed Benbitour et Soufiane Djilali ? exhortent la classe politique et les Algériens à se rassembler pour faire face à «ceux qui veulent faire avorter la démocratie en Algérie». «Vu la situation politique actuelle qui est très inquiétante, nous sommes mobilisés et nous appelons tous les Algériens à s'unir pour contrer ceux qui veulent avorter le processus de démocratisation du système de pouvoir en Algérie en piétinant tous les principes d'exercice du pouvoir au nom de la démocratie, tout en faisant mine d'oublier que le peuple est source de tous les pouvoirs», expliquent les intervenants qui se sont succédé au pupitre de la salle Cosmos de Riadh El Feth (Alger), qui a accueilli la deuxième rencontre du Groupe des 20.Estimant que la prochaine élection est «une nouvelle chance en vue de réaliser les aspirations des Algériens», les intervenants mettent en garde contre toute entreprise visant à torpiller la volonté de changement. «Nous sommes devant deux choix : soit accepter le changement pacifique et l'instauration d'une véritable démocratie, soit livrer le pays à toutes les incertitudes», précise-t-on. Et d'ajouter : «L'Algérie d'aujourd'hui a besoin d'un nouveau Novembre pour le changement pacifique. La révolution a été couronnée de succès après l'union entre l'élite et le peuple. Et ces initiatives s'adressent au peuple pour qu'il soit conscient du danger qui le guette en l'absence de changement.» Les responsables de ce groupe estiment que leur rencontre et leur rassemblement sont «le début d'une lutte politique pacifique parce qu'il s'agit d'une affaire entre Algériens».


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