Le Conseil de sécurité ouvre la voie à l'imposition de sanctions individuelles contre des responsables de groupes armés accusés de contrevenir à l'accord de paix d'Alger de 2015.Perdant patience, les quinze pays membres du Conseil de sécurité des Nations unies ont décidé jeudi de proroger d'un an le régime général de sanctions visant le Mali. Pour l'ambassadrice adjointe de la France à l'ONU, Anne Gueguen, "les progrès obtenus demeurent insuffisants" et "le temps des avertissements est terminé", au Mali. "Nous avons besoin de voir des progrès de toutes les parties", a souligné de son côté son homologue britannique, Jonathan Allen devant la presse. Evoquant sans les nommer des "responsables intermédiaires de groupes armés qui, sur le terrain, nuisent volontairement à la mise en ?uvre de l'accord par leurs liens avérés avec des activités criminelles ou terroristes", la diplomate française a ajouté que la France proposait "sans attendre leur désignation au titre du régime de sanctions". Au-delà des premiers noms qui pourraient figurer prochainement sur une liste, Paris n'exclut pas une extension ultérieure à d'autres "niveaux". Anne Gueguen a averti que "l'absence de respect des engagements librement consentis par chacune des parties maliennes dans le cadre de la feuille de route ne saurait rester sans conséquence. Chacun doit en être conscient, à tous les niveaux". Rappelons que la feuille de route adoptée au printemps par les parties maliennes prévoit une application des engagements au plus tard début mars 2019. Dans un rapport datant du 8 août, des experts de l'ONU chargés du Mali ciblent des membres de parties signataires de l'accord de paix, notamment Alkassoum Ag Abdoulaye, chef d'état-major de la Coalition du peuple pour l'Azawad (CPA), accusé d'avoir participé à deux attaques contre les forces armées maliennes en 2017 et 2018. Le document cite aussi un autre dirigeant de la CPA, Mohamed Ousmane Ag Mohamedoune, soupçonné aussi de contrevenir à l'accord de paix. Le groupe d'experts recommande dans son rapport que le comité de sanctions de l'ONU créé pour le Mali "envisage sans tarder, aux fins de l'application de mesures ciblées, la désignation de personnes et d'entités se livrant ou apportant leur appui à des activités ou politiques qui menacent la paix, la sécurité ou la stabilité". Des sanctions individuelles prendraient la forme d'interdiction de voyages et de gels d'avoir. Les experts pointent aussi dans leur rapport "une répétition inquiétante de violations des droits de l'homme des civils par des forces de sécurité lors d'opérations contre des terroristes". Bamako a reconnu des dérives. Le Comité de sanctions, où siègent les 15 membres du Conseil de sécurité, doit être unanime pour punir des personnes ou des entités.
Merzak T./Agences
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Merzak Tigrine
Source : www.liberte-algerie.com