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« L'oisiveté, mère de tous les vices »



« L'oisiveté, mère de tous les vices »
Ils viennent de boucler leur seizième printemps et ne font plus partie du système scolaire. Eux, ce sont les exclus de l'école et des collèges. La Constitution algérienne rend obligatoire la scolarité des enfants jusqu'à l'âge de 16 ans. Toutefois, plusieurs facteurs peuvent mettre fin au parcours scolaire. Un malaise au sein de la famille qui induit souvent la démission des parents ou encore une mauvaise prise en charge d'un retard mental sont autant de causes à l'origine du redoublement, voire de l'échec. La décision de l'exclusion d'un enfant ayant 16 ans révolus, intervient souvent au deuxième palier (moyen) lorsque son échec au BEM est confirmé et qu'il ait déjà cumulé un redoublement. Cette exclusion est vécue comme un véritable drame par les parents. Le devenir de leurs enfants est compromis et suscite toutes les inquiétudes comme s'il s'agissait d'une plongée dans l'inconnu. L'Etat a certes mis en place des mécanismes de prise en charge de ces exclus du système scolaire. Ils ouvrent la voie à la formation professionnelle dument mentionnée sur la fiche de v?ux remise aux élèves de la 4e année moyenne. Des instituts et des centres d'apprentissage existent en grand nombre et une nomenclature des spécialités rectifiée et adaptée aux besoins du marché de l'emploi. Néanmoins, en dépit de ces opportunités, la non obligation de suivre une formation professionnelle pour les exclus du système scolaire, rend la tâche plus difficile aux parents. Beaucoup d'entre eux ne peuvent ou ne veulent pas forcer leur progéniture à aller dans un CFPA. Une véritable galère commence. Les rapports des services de sécurité, des associations tirent la sonnette d'alarme quant à l'implication de ces exclus dans les délits. Dans un rapport publié le 1er février 2014, la Gendarmerie nationale soutient que « la déperdition scolaire pousse les jeunes élèves, exclus avant l'âge de 16 ans vers la délinquance et la criminalité ». Une étude analytique de la Police judiciaire du groupement du Grand-Alger a révélé également que les jeunes nés entre les années 1990 et 1995 sont les plus concernés par cette dérive sociale. Ils sont devenus les auteurs de crimes. La même étude démontre que les auteurs des homicides, des vols et du trafic de drogue, enregistrés durant les années 2011, 2012 et 2013, font partie de la catégorie des jeunes touchés par la déperdition scolaire. Le président du réseau Nada, Abderrahmane Arar, affirme de son côté que « 10 000 à 13 000 enfants sont présentés devant la justice annuellement. 6000 à 7000 autres sont en danger moral ». Il soutiendra par ailleurs, « qu'un nombre croissant d'enfants est impliqué dans des actes de violence et de vols ». Ecoliers exclus à l'âge ingrat de 16 ans sans repères ni qualification professionnelle, se retrouvent chômeurs et livrés à l'oisiveté. Une situation qui encourage la violence et contribue à la prolifération de la criminalité en milieu juvénile. Les parents aspirent à un prolongement de l'âge de la scolarité jusqu'à 18 ans et de rendre obligatoire la formation professionnelle dès l'exclusion du système éducatif. C'est connu et avéré, « l'oisiveté est mère de tous les vices ».


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