Alger

L'obligatoire révision d'une évolution régressive Football professionnel et lendemains qui déchantent



Par A. Lemili

Evoquer une saison pourrie dont le seul souhait serait qu'elle soit ravalée aux oubliettes serait du très bel euphémisme, quoique pourtant la Ligue de football professionnel est en train de gagner en gestion de la compétition ces derniers temps comme en témoigneraient le raitement des affaires disciplinaires, l'organisation dans des conditions éthiques des rencontres différées ou avancées notamment en raison de la participation de clubs qualifiés dans des compétitions internationales ou encore une domiciliation cohérente de certaines rencontres et enfin une relative harmonie entre le calendrier de la sélection nationale avec le programme des internationaux locaux et ceux qui évoluent en dehors des frontières. Néanmoins si nous devons nous gargariser d'une telle «synchronisation», ce serait également condescendre à faire dans le gagne-petit pour la simple raison que toute l'architecture en question relève de l'ordinaire, voire de ce qui n'est même pas à débattre sous d'autres cieux en ce sens que les procédures en question restent du domaine de ce qui n'est même pas à orchestrer. Cela toutefois en raison de la parfaite harmonie entre les fédérations nationales et celle propre au continent concerné, ces mêmes fédérations étant à leur tour totalement synchrones avec l'institution
internationale qu'est la Fifa. Et c'est si les instances sportives nationales ne peuvent se départir d'une autosatisfaction béate, il n'en demeure pas moins que pour parvenir à ce semblant d'organisation que de travers, couacs et autres arbitraires auront suscité une lever de bouclier des dirigeants, des supporters et parfois jusqu'à agiter les sphères politiques notamment certains parlementaires. En ce qui le concerne, le ministère de la Jeunesse et les Sports s'est plutôt astreint à une réserve quasi-totale, ce qui est pour le moins une attitude raisonnable compte tenu des turbulences qui laminent la fédération de handball, une discipline où ledit département s'est fourvoyé et à cause de retour de flamme prévisible n'a trouvé d'exutoire qu'en se déjugeant a posteriori.
D'ailleurs le modèle de gestion semble être aujourd'hui la Fédération algérienne de football qui a toutefois pris ses distances d'un sport charriant de la passion jusqu'à la déraison et en laissant, après l'avoir doté du cadre de travail idoine avec tout ce que cela suppose comme moyens humains, matériels et financiers, à la Ligue de football professionnel de gérer les affaires concernant la discipline, l'instance que préside Raouraoua a su mieux se consacrer au football d'une part tout en se dotant du statut de tutelle éloignée
de toute implication directe dans des situations récurrentes et surtout irrationnelles en leur fond.
L'amateurisme de structures dites professionnelles Du coup, la LFP dont les membres ont pratiquement été cooptés qu'élus selon des règles réellement démocratiques ont apporté la preuve de leur inexpérience pour les uns, leur angélisme pour les autres et, malheureusement, l'art de louvoyer pour compenser tout cela. Ainsi les approximations que l'on connaissait aux anciennes structures intégrées de la FAF ont tout juste changé de localisation pour se retrouver au sein de la Ligue de football professionnel dont'
l'amateurisme s'est, après bien d'autres couacs, exacerbé avec la dernière affaire du Mouloudia d'Alger, celle du boycott de l'ultime rencontre du championnat. En matière de gestion, le sport ne dépare pas de la gestion de n'importe quelle activité et sur cet aspect précis de la question l'état de quasi-déliquescence dans lequel se trouve l'appareil productif, voire l'ensemble des organes dotés d'une
fonction dynamique en Algérie traduit ou justifie amplement la situation du secteur et plus particulièrement de certaines disciplines et une acuité à part pour le football. Les atermoiements à répétition dans bien d'affaires disciplinaires et l'expectative qui plombe les instances concernées à la suite du refus du MCA d'honorer son engagement en disputant sa rencontre contre l'USMH, les menaces ou le semblant de menaces brandis en le cas lesquels consistent en l'automatique application des dispositions réglementaires ne sont pas de nature à créer cet électrochoc qui ferait ramener le MCA à sa dimension normale de club professionnel sans plus de considération et donc au même titre que n'importe quelle autre association et surtout servir d'enseignement et tant qu'à faire de mise en garde au reste des formations. Car, il faudrait surtout retenir le fait que malgré «l'importance» des sanctions prononcées au lendemain de la finale de la Coupe d'Algérie, aussi bien Ghrib que Menad ont continué à narguer l'ordre établi, le premier en exerçant son pouvoir attractif sur les médias et sur les joueurs, parfois jusqu'au reste de l'appareil du club et au-delà alors que le deuxième rejoignait le terrain pour y exercer ses fonctions comme s'il ne s'était jamais rien passé d'une part et comme si les sanctions prononcées à cor et à cri relevaient du virtuel. C'est dire en ce sens la vacuité générale en le domaine et surtout à l'intérieur de la maison mouloudéenne laquelle, si à tous ces extrêmes ne répond pas une réaction rationnelle des pouvoirs publics, peut sérieusement lézarder l'avenir de la compétition et des instances sportives nationales qui sont chargées de sa gestion.
A. L.
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