La campagne d'indignation et de colère soulevée par les propos tenus, avant-hier, par le ministre de l'Intérieur contre les opposants à l'élection n'a pas fait réagir les autorités.Ainsi, aucune réaction officielle n'est venue après le tollé soulevé par les injures proférées par Salah Eddine Dahmoune, ministre de l'Intérieur. L'insulte et l'affront commis par le ministre contre les opposants à l'élection n'ont pourtant pas manqué de faire le buzz sur les réseaux sociaux et d'être relayés par les médias internationaux. Ce silence officiel face à un gravissime dérapage d'un ministre chargé des affaires courantes ne peut être compris que comme un appui ou, du moins, une caution indirecte à une offense faite à tout un peuple. Sous d'autres cieux, des responsables quittent illico presto leur poste pour des dérapages moins graves que celui commis volontiers par le ministre de l'Intérieur et, de surcroît, devant des membres du Sénat, que l'on appelle pompeusement le conseil des sages. Comme la démission est une culture étrangère aux m?urs politiques de nos dirigeants, les citoyens s'attendaient à un sursaut d'orgueil de la part du fautif lui-même, de son Premier ministre ou du chef de l'Etat par intérim qui est, logiquement, le premier responsable de l'Exécutif, même s'il l'a hérité du président déchu, Abdelaziz Bouteflika.
La sortie de Salah Eddine Dahmoune ne peut être considérée comme un simple dérapage, ni comme une réaction intempestive. Visiblement, elle est le fruit d'une construction cogitée et réfléchie qui a pris une bonne partie du discours du ministre devant les sénateurs. Consacrer plusieurs minutes d'un discours officiel à l'insulte et à l'invective contre son propre peuple n'est pas un impair ou le fruit d'une inattention, mais la résonance d'une pensée.
Face à cette outrance, aucune voix officielle n'a jugé opportun et nécessaire de tenter, au moins, de rectifier le tir et de rappeler à l'ordre le ministre. Les autorités ont choisi le silence, alors que le citoyen s'est senti offensé et dévalorisé par un de ses responsables.
Il faut rappeler dans ce contexte que des membres du gouvernement ont été éjectés pour des faits moins graves. L'ancien ministre de la Justice, garde des Sceaux, Slimane Brahmi a été limogé le 31 juillet dernier pour des faits moins graves que ceux commis par le ministre de l'Intérieur, Salah Eddine Dahmoune. L'ex-ministre de la Culture Meriem Merdaci n'a pas hésité, elle, à déposer sa démission le 24 août dernier après le drame survenu lors du gala de Soolking au stade du 20-Août à Alger. Cinq personnes avaient trouvé la mort lors des bousculades.
Plusieurs autres citoyens venus assister au gala ont été également blessés. Le limogeage de Slimane Brahmi et la démission de Meriem Merdaci restent les seules et uniques décisions prises à l'encontre ou par les concernés eux-mêmes suite à des manquements et à des ratages. Toutefois, le cas de Salah Eddine Dahmoune reste énigmatique, surtout que la situation est très tendue concernant la prochaine présidentielle prévue dans une semaine.
Mohamed Mouloudj
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed MOULOUDJ
Source : www.liberte-algerie.com