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« L'intervention de Bouteflika a sauvé la réunion de l'Opep »



« L'intervention de Bouteflika a sauvé la réunion de l'Opep »
La rencontre informelle de l'Opep qui s'est tenue le mois dernier à Alger n'aurait pas abouti à un accord sans l'intervention personnelle du président de la République, Abdelaziz Bouteflika. C'est ce qu'a assuré, hier, au forum d'El Mihwar, l'expert international en énergie, Abderrahmane Mebtoul. « Sans l'intervention du président de la République qui s'est entretenu personnellement avec les représentants des Etats participants, la rencontre aurait été un échec. Cette dernière a failli se terminer par une simple déclaration officielle et non par un accord sur la réduction de la production de pétrole », fait-il savoir en soulignant les efforts du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, et du ministre de l'Energie, Noureddine Bouterfa.Ces derniers ont, affirme-t-il, contribué au succès de cette rencontre grâce à laquelle les prix du pétrole ont connu une hausse dernièrement. Il a signalé, à ce propos, que cette hausse n'est pas une conséquence, comme l'ont souligné certains experts, de la déclaration du président russe, il y a quelques jours, faisant état de la possibilité de réduire la production de pétrole par la Russie. « La position de la Russie n'est pas claire puisque au lendemain de cette déclaration, les compagnies de pétrole russes ont annoncé leur intention d'augmenter leur production », explique-t-il. L'expert et ex-cadre de Sonatrach, Tewfik Hasni, a estimé, pour sa part, que si les prix du pétrole sont stabilisés à 50 dollars, c'est grâce à l'accord d'Alger mais ce sont, essentiellement, les conditions climatiques qui y sont derrière. « L'ouragan qui a touché récemment les Etats-Unis a bloqué les postes de chargement des plus importantes quantités de pétrole du pays. D'où la hausse des prix, qui ne durera pas », explique-t-il. Hasni a assuré que le baril retombera à 50 dollars et n'atteindra pas de si tôt les 60 dollars, comme l'a espéré l'Arabie saoudite, d'ici à la fin de l'année en cours. Sauf, selon Mebtoul, si la croissance économique mondiale est élevée ou du moins, moyenne.« Dans ce cas, les prix du pétrole pourront atteindre les 70 dollars entre 2017 et 2020 si la croissance est forte et entre 50 et 55 dollars si elle reste faible. Toutefois, si la crise économique mondiale de 2008 est rééditée, les prix chuteront jusqu'à 40 dollars », prévient-il. Hasni indique, dans ce contexte, que tant que l'Iran, le Nigeria et l'Irak ne sont pas concernés par la réduction de la production, le prix du pétrole se maintiendra à 50 dollars. Et si le baril se maintient à ce prix d'ici à la fin de l'année, ce sera, selon lui, grâce à la volonté politique de l'Opep. « Si les prix du pétrole se fixent à 50 dollars le baril jusqu'à la fin de l'année, ce sera une réussite pour l'Algérie », note-t-il. N'empêche, selon Mebtoul, que l'Algérie ira droit au mur si elle maintient sa politique économique et sociale actuelle. « La seule option que pour nous en sortir est d'introduire des réformes structurelles. Contrôler aussi la chute du dinar. Même si cette dépréciation contribue à gonfler la fiscalité, elle pourra impacter négativement l'inflation. Il faut se tourner aussi vers une subvention ciblée et revoir la gestion de nos ressources ainsi que le management de Sonatrach », indique-t-il. L'expert en économie, Bouziane Mahmah, affirme, quant à lui, qu'il faudra se concentrer sur le marché gazier et non pétrolier. « Le gaz, c'est l'avenir. La Cop 21 le souligne clairement. Nous devons augmenter notre production de gaz à 50% au lieu de 30% actuellement. Et ne pas l'exporter en tant que matière brute mais en tant que produit fini. La production de gaz pourra être renforcée si Sonatrach fait appel à l'endettement extérieur », estime-t-il. Un avis que le consultant en énergie Djemai Chergui partage. Ce dernier indique que la solution que le pays doit adopter doit être immédiate, dans les mois à venir. « La transition énergétique, ce n'est pas pour demain. Mais nous pouvons relancer l'industrie pétrochimique au lieu de commercialiser le pétrole brut et être à la merci d'un marché volatile. Nous avons trois raffineries qui sont en cours de réalisation. Cela sera donc possible dans les mois à venir », conclut-il.
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