Alger

L'intégration économique maghrébine se cherche toujours L'UMA vingt-quatre ans après



L'intégration économique maghrébine se cherche toujours L'UMA vingt-quatre ans après
Photo : Sahel
Par Samira Imadalou
Vingt-quatre ans sont passés depuis la création de l'Union du Maghreb arabe (UMA).Un anniversaire qui intervient cette année dans une conjoncture particulière, que ce soit au niveau régional ou mondial. Une série de mutations a touché tout au long de cette période les pays du Maghreb depuis le sommet de Zeralda à Alger en 1988 ou le sommet constitutif de Marrakech. Ce ne sont pas les rencontres et les recommandations pour la construction d'un Maghreb fort qui ont manqué durant ces deux décennies et demi d'existence. Même les hommes d'affaires ont tenté leurs chances.
Mais, le résultat est là. L'intégration économique maghrébine se cherche toujours. Les raisons sont multiples et le contexte a changé.
Aujourd'hui, il y a d'un côté l'instabilité politique et les difficultés économiques dans certains pays de l'UMA. Et d'un autre côté, il y a la crise économique qui secoue les principaux partenaires du Maghreb, notamment de l'Union européenne avec qui les pays du Grand Maghreb entretiennent essentiellement des relations commerciales. Entre ces deux régions, le commerce prime sur les autres aspects de coopération alors qu'entre eux, les échanges restent faibles et n'arrivent pas à dépasser le seuil des 2% de leurs échanges avec les autres pays du monde. Ce qui marque donc ce vingt-quatrième anniversaire de la création de l'UMA est cette très faible évolution, voire
insignifiante, des échanges intermaghrébins. Un point qui illustre clairement l'échec de l'UMA au moment où les autres blocs régionaux cherchent à se renforcer. Et pourtant la conjoncture économique mondiale joue plutôt en faveur de l'intégration économique maghrébine. Les experts ne cessent de le répéter : les pays de l'UMA ont beaucoup à gagner en intensifiant leurs échanges et leur coopération
Mais pour arriver à ce stade, faudrait-il mettre en 'uvre une série de mesures, d'abord au plan local. Il s'agit essentiellement d'assurer les conditions nécessaires pour l'émergence d'un secteur privé compétitif. Or sur cette question, beaucoup reste à faire notamment en Algérie où le privé peine à décoller.
Et ce, faute à un climat peu propice à l'investissement et à la production. Les engagements sont pris mais les actions tardent à se montrer. Entre temps, le retard ne fait que s'allonger dans le développement des pays du Maghreb et dans la mise en place d'un bloc régional fort économiquement. Même si dans les discours, on met l'accent sur l'importance de franchir cette étape, dans la réalité la situation est tout à fait différente. L'efficience est loin d'être assurée.
Le secrétariat général de l'UMA, dans un communiqué rendu public le 16 février dernier à l'occasion de ce 24e anniversaire, a relevé ce point, en rappelant la nécessité de conjuguer les efforts pour un Maghreb arabe «plus efficient» dans le contexte régional et international actuel.
«La conjoncture régionale et internationale exige de nous aujourd'hui de conjuguer tous les efforts pour un Maghreb arabe plus efficient», souligne ledit communiqué dans lequel justement, les rédacteurs plaident pour la concrétisation de la volonté au profit d'une intégration régionale. Le secrétariat général de l'UMA a en effet émis le v'ux à cette occasion «de voir la volonté politique au sein de l'UMA, fusionner à travers une nouvelle démarche adaptée aux mutations effrénées et aux exigences de la mondialisation et ses effets néfastes, ainsi qu'aux objectifs du développement durable que les pays de l'Union oeuvrent à atteindre au mieux du citoyen maghrébin». De même qu'un autre engagement est affiché pour concrétiser le «Maghreb en tant qu'entité homogène face aux autres blocs, mais aussi à la promotion du dialogue et l'élargissement du partenariat avec les autres entités régionales et internationales sur la base des intérêts communs». Combien de temps faudrait-il encore attendre pour voir ces objectifs se concrétiser sur le terrain ' Mais surtout de voir le Maghreb rejoindre le cercle des blocs régionaux à travers une intégration économique forte, laquelle pourrait accroître, selon certaines études, la richesse de chacun des pays de 1 à 2% par an, soit le taux de leurs échanges par an. Des efforts sont à faire et de nombreux défis restent à relever.
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