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L'informel a nui à la convivialité de la ville Eradication du marché noir



L'opération, en cours d'éradication de l'informel, en a étonné plus d'un. D'abord par sa durée. Jamais en effet opération coup-de-poing contre le négoce illégal n'avait autant été étalée dans le temps. Le bonheur éprouvé par le commun des mortels est si parfait que beaucoup s'interdisent de trop y croire. Certains spécialistes ont même prédit que cette campagne de chasse au commerce sur les trottoirs n'allait guère dépasser le mois, considérant qu'elle ne s'attaquait pas à la racine du mal, à savoir les gros bonnets de l'informel contre lesquels l'ex-Premier ministre, Ahmed Ouyahia, avait du reste avoué son « impuissance » à les combattre. Mais pendant ce temps, pour ne s'arrêter qu'à Alger, les gens reprennent goût à vivre en ville. Mais les voilà qui redoutent de voir revenir le monstre. Tout se passe comme si soudain les gens avaient pris conscience à quel point ils étaient étouffés, malmenés, en un mot embarqués dans une galère dont ils pensaient ne pouvoir jamais s'extraire. La vente sur les trottoirs avait créé un climat social des plus particuliers, favorisant et forgeant des comportements et des attitudes paroxystiques, faisant perdre à l'échange verbal ses réflexes citadins et ses formules de politesse. C'est l'anarchie instituée, c'est pourquoi, autant qu'on avait des chances de trouver quelque objet rare, autant on risquait d'entendre à l'oreille des grossièretés et des remarques désobligeantes proférées par des énergumènes employés en seconde main. Car le marché informel a aussi ses chefs, ses man'uvres et sa piétaille. La violence y est monnaie courante, à vrai dire elle s'administrait, et la métaphore n'est pas que simple métaphore, en même temps que la monnaie. Plus d'une personne a essuyé un coup de pied ou un coup de poing quand ce n'est pas un coup de couteau de la part de commerçants qui se croient tout permis. Le marché noir, en instituant ses règles, a érigé en fait la non légalité en norme. C'est là où il faut chercher l'origine des agressions et peut-être même la violation des règles de la circulation routière. Le non respect des lois de l'échange économique peut en effet avoir présidé aux dérèglements constatés dans les autres secteurs. Le trottoir squatté n'est-il pas la métaphore de l'espace public privatisé ' L'automobiliste croit qu'il est en droit de stationner là où ce n'est pas permis puisque le marchand ambulant active là où pèse sur lui la même interdiction. Les enfants qui ont contaminé les adolescents et les adultes, se croient permis de jouer au ballon dans la rue, sur les trottoirs en pleine circulation automobile. Ces scènes perdurent encore dans Alger, on voit toujours ces riverains qui tapent au ballon maintenant sous pression les passants obligés de parer à d'éventuels coups alors qu'ils sont en quête de relâchement et de quiétude. Les places publiques, où l'on peut trouver des bancs, sur lesquels où peut s'asseoir sont presque « réquisitionnées » pour le même motif : l'on vient de partout pour jouer au ballon, sous les yeux de personnes âgées et épuisées. Sous d'autres cieux une telle activité, nommé street ball, aurait été encadrée de telle sorte qu'elle ne nuise pas à l'aspect convivial de la ville.
L'opération, en cours d'éradication de l'informel, en a étonné plus d'un. D'abord par sa durée. Jamais en effet opération coup-de-poing contre le négoce illégal n'avait autant été étalée dans le temps. Le bonheur éprouvé par le commun des mortels est si parfait que beaucoup s'interdisent de trop y croire. Certains spécialistes ont même prédit que cette campagne de chasse au commerce sur les trottoirs n'allait guère dépasser le mois, considérant qu'elle ne s'attaquait pas à la racine du mal, à savoir les gros bonnets de l'informel contre lesquels l'ex-Premier ministre, Ahmed Ouyahia, avait du reste avoué son « impuissance » à les combattre. Mais pendant ce temps, pour ne s'arrêter qu'à Alger, les gens reprennent goût à vivre en ville. Mais les voilà qui redoutent de voir revenir le monstre. Tout se passe comme si soudain les gens avaient pris conscience à quel point ils étaient étouffés, malmenés, en un mot embarqués dans une galère dont ils pensaient ne pouvoir jamais s'extraire. La vente sur les trottoirs avait créé un climat social des plus particuliers, favorisant et forgeant des comportements et des attitudes paroxystiques, faisant perdre à l'échange verbal ses réflexes citadins et ses formules de politesse. C'est l'anarchie instituée, c'est pourquoi, autant qu'on avait des chances de trouver quelque objet rare, autant on risquait d'entendre à l'oreille des grossièretés et des remarques désobligeantes proférées par des énergumènes employés en seconde main. Car le marché informel a aussi ses chefs, ses man'uvres et sa piétaille. La violence y est monnaie courante, à vrai dire elle s'administrait, et la métaphore n'est pas que simple métaphore, en même temps que la monnaie. Plus d'une personne a essuyé un coup de pied ou un coup de poing quand ce n'est pas un coup de couteau de la part de commerçants qui se croient tout permis. Le marché noir, en instituant ses règles, a érigé en fait la non légalité en norme. C'est là où il faut chercher l'origine des agressions et peut-être même la violation des règles de la circulation routière. Le non respect des lois de l'échange économique peut en effet avoir présidé aux dérèglements constatés dans les autres secteurs. Le trottoir squatté n'est-il pas la métaphore de l'espace public privatisé ' L'automobiliste croit qu'il est en droit de stationner là où ce n'est pas permis puisque le marchand ambulant active là où pèse sur lui la même interdiction. Les enfants qui ont contaminé les adolescents et les adultes, se croient permis de jouer au ballon dans la rue, sur les trottoirs en pleine circulation automobile. Ces scènes perdurent encore dans Alger, on voit toujours ces riverains qui tapent au ballon maintenant sous pression les passants obligés de parer à d'éventuels coups alors qu'ils sont en quête de relâchement et de quiétude. Les places publiques, où l'on peut trouver des bancs, sur lesquels où peut s'asseoir sont presque « réquisitionnées » pour le même motif : l'on vient de partout pour jouer au ballon, sous les yeux de personnes âgées et épuisées. Sous d'autres cieux une telle activité, nommé street ball, aurait été encadrée de telle sorte qu'elle ne nuise pas à l'aspect convivial de la ville.
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