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L'inflation galopante lamine la classe moyenne Actualité : les autres articles



L'inflation galopante lamine la classe moyenne                                    Actualité : les autres articles
Les répercussions de l'inflation sont plus que jamais ressenties par les ménages à moyens et faibles revenus. Les algériens doivent jongler avec les dépenses pour arriver à boucler chaque mois.
La tendance inflationniste (qui a atteint 7.29%) au premier semestre de l'année 2012 est due « aux dysfonctionnements persistants des marchés intérieurs » a annoncé le gouverneur de la Banque centrale d'Alger. En attendant l'instauration « des règles transparentes » pour réguler les prix, la spéculation fait rage sur le marché des produits de première nécessité. Conséquences, les bourses saignent.

Nous avons rencontré une mère de famille. Lors de notre entrevue avec elle nous avions senti à quel point une jeune maman pourtant salariée ainsi que son mari, se débat dans une situation financière précaire. Son témoignage reflète, sans doute, la réalité que vivent une majorité d'algériens.

« L'Etat ne fait rien pour nous venir en aide » :
Elle est comptable chez un privé, maman de quatre enfants en bas âge, elle nous exprime ses craintes et ses doutes sur son futur proche : « l'hiver s'approche à grands pas, les enfants grandissent vite. Je ne sais pas comment faire pour les habiller. Les vêtements pour enfants sont chers ». « Notre Etat est absent et ne fait rien pour nous aider» insiste-t-elle.
Sa fille de 9 ans scolarisée en troisième année primaire lui a « coûté chère ». Notre interlocutrice nous fait le calcul : « 1460 da pour les livres sans parler du cartable à 1200 da, le tablier à 600 da et les fournitures scolaires que je ne lui ai pas encore achetées. Ma fille vient de m'appeler et m'a annoncé que leur maîtresse leur a donné la liste des affaires scolaires. On verra bien ! », s'exclame notre interlocutrice après avoir fini son calcul.

« Mon bébé... me revient plus cher ! »
« En moyenne, mon bébé consomme une boite de lait en seulement trois jours » ajoutera notre interlocutrice. Avant de regretter le fait qu'une seule couche bébé coûte 20 da. « Mon bébé consomme près de 5 couches par jour. En tout je dépense 3500 da rien que pour les couches ». Habitant avec son mari et ses quatre enfants en banlieue d'Alger dans un logement social (dont ils ont bénéficié suite aux intempéries de Bab El Oued en 2001), un logement qui lui revient à 2500 da par mois. « Avec ce logement, je sais que tout le monde n'a pas la chance que j'ai ».

« Ça m'arrive d'économiser 1000 à 2000 da par mois. À chaque fois je me retrouve en train de les dépenser pour une urgence ». Elle nous raconte sa dernière mésaventure qui lui a coûté ses économies. «Le dernier vaccin a causé des effets secondaires à mon bébé. Cela a nécessité un traitement, la visite à 600 da et sans parler des prix des médicaments, à 1500 da environs ».

"Nous sommes sortis essorés du ramadan et de l'aïd":
Meme après le premier semestre de l'année ,l'inflation a continué a monté. Ainsi ,rien que pour le mois de juillet l'inflation a atteint 8.20 % selon des statistiques données par l'Office national des statistiques (ONS). Une période qui a coincidé avec le ramadhan. "Nous en sommes sortis essorés" témoigne notre interlocutrice. "Décidément je ne vais pas connaitre de répit" poursuivra-t-elle.
Ce qui est sur, c'est que, au-delà des chiffres qu'on annonce régulièrement sur le taux d'inflation (voir la définition en ligne ), l'esprit de beaucoup d'algériens restent "encombré de calculs" pour reprendre la phrase de notre interlocutrice.
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