La hausse de l'inflation au 1er semestre 2012 a été le fait d'une terrible spéculation sur les prix des produits de base, notamment agricoles, et non le résultat d'une trop grande expansion de la masse monétaire. C'est le constat qu'a fait hier à Alger le gouverneur de la Banque d'Algérie, Mohamed Laksaci, lors d'un symposium sur les « défis pour les banques centrales africaines face à la volatilité des mouvements de capitaux et des cours des matières premières ».
Au 1er semestre 2012, l'accélération de l'inflation en Algérie « est due, en grande partie, à des facteurs internes, notamment le dysfonctionnement des marchés, les positions dominantes et la spéculation, et non pas, comme à l'accoutumée, à l'expansion de la masse monétaire », a expliqué hier le gouverneur de la Banque d'Algérie, Mohamed Laksaci, , lors du symposium des banques centrales africaines qui se tient à Alger avec pour thème « les défis pour les banques centrales africaines face à la volatilité des mouvements de capitaux et des cours des matières premières.
Pour rappel, les prix des produits agricoles frais ont explosé entre janvier et juin 2012 du fait d'une formidable spéculation qui a fait que la pomme terre ait été vendue à plus de 120 dinars le kilogramme en février et mars derniers.
Malgré une relative baisse de l'expansion monétaire durant le 1er semestre 2012 à 17,88% contre 19,91% en décembre 2011, l'inflation a progressé, a constaté Mohamed Laksaci, soulignant que c'était l'expansion de la masse monétaire qui avait provoqué la surchauffe des prix des principaux produits alimentaires de base entre 2000 et 2011.
L'inflation des prix de ce groupe de marchandises contribue à hauteur de 61% dans l'inflation globale, suivie de celle des prix à l'importation, qui participent à hauteur de 18% dans sa progression, alors que les prix à la production industrielle agroalimentaire et le taux de change sont, respectivement, à l'origine de 13% et 8%, de sa hausse d'après une étude économétrique de la Banque d'Algérie citée par M. Laksaci. L'inflation importée n'a pas contribué à la hausse des prix sur les marchés internes au 1er semestre 2012, puisqu'elle a été atténuée par la relative appréciation du taux de change du dinar.
La banque d'Algérie a prodigué deux remèdes pour résorber l'excès de liquidités sur le marché monétaire et atténuer son effet inflationniste, a rappelé Mohamed Laksaci. Le taux de réserves obligatoires a été porté à 11% à compter de la mi-mai, soit 2 points d'augmentation, alors que la reprise de la liquidité s'est accrue de 250 milliards de DA dès avril 2012 pour atteindre un encours de 1350 milliards de DA.
Les prix à la consommation ont augmenté de 8,7% au mois de juin dernier par rapport à la même période de l'année écoulée, situant le rythme d'inflation en glissement annuel à 7,3%, contre 6,9% en mai 2012, selon l'Office national des statistiques (ONS).
Cette hausse est tirée essentiellement par l'augmentation de 10,76% des produits alimentaires, avec 17,3% pour les produits agricoles frais et 5,4% pour les produits alimentaires industriels.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Merouane Korso
Source : www.maghrebemergent.info