Le secteur de l'industrie agroalimentaire active sans véritable connectivité avec l'amont agricole. Certaines unités de transformation ont atteint un niveau de dépendance extérieure supérieur à 80%. Un constat grave qui n'est pas sans susciter des interrogations sur le pourquoi et le comment d'une telle situation qui, au demeurant, ne se justifie pas et cela pour plusieurs raisons.Il faut sans doute rappeler que le secteur de l'industrie alimentaire a enregistré ces dernières années une avancée considérable en termes de compétitivité mais il reste, selon les dires de certains patrons d'usines de transformation, confronté au délitement du secteur agricole national «ce qui rend difficile la concrétisation de leur objectif d'innovation pour améliorer leur productivité et leur rentabilité», arguent-ils.
A propos du recours à la matière agricole importée alors que la production locale est abondante, les industriels estiment que la production locale dans son état actuel ne répond pas totalement aux besoins de l'industrie de la transformation qui a besoin, dans certains cas, de produits aux spécificités bien précises. A noter également que ces industriels se sont vus confrontés à d'autres contraintes : des approvisionnements irréguliers en termes de volume, des mauvaises conditions de stockage et une réfrigération non maîtrisée, ce qui rend le produit destiné à la transformation non conforme etc 'Toutefois, il existe une autre raison à ce désintéressement au produit local. Elle a été énoncée par Réda Hamiani, président du Forum des chefs d'entreprises (FCE) lors d'une rencontre organisée à Alger autour du thème «Le renouveau de l'économie agricole et le secteur alimentaire en Algérie». Il avait en effet révélé : «La législation en vigueur rend plus facile pour un chef d'entreprise algérienne d'importer les intrants et la matière première que de chercher des complémentarités et de l'approvisionnement au niveau local.» Il avait aussi ajouté dans la foulée : «Ce libéralisme à la mode algérienne n'a fait qu'aggraver le déphasage entre le secteur agricole et le monde de l'industrie de transformation en Algérie.» Ce déphasage tel que souligné par le président du FCE se doit d'être comblé si l'on veut diminuer la dépendance extérieure voire même aller vers une autosuffisance alimentaire. Cela est possible à condition, d'une part, d'accroître les rendements agricoles et d'autre part d'améliorer sensiblement l'offre nationale en produits agricoles transformés nécessaires au secteur national de l'industrie agroalimentaire. Pour ce faire, «il suffit de mettre en place une véritable jonction entre le secteur de l'industrie de transformation et le monde agricole. En clair, élargir la concertation entre tous les acteurs», ont souvent rappelé des experts dans le domaine. Une large concertation qui vise une meilleure coordination entre l'amont et l'aval pour arriver enfin à produire les variétés nécessaires à l'industrie de la transformation. Il s'agira aussi, selon des observateurs, de promouvoir le partenariat entre les agricultures/éleveurs et les entreprises de transformation dans la perspective d'un approvisionnement régulier en matières premières, tant en quantité qu'en qualité. Et de même d'encourager la contractualisation pour sécuriser les opérateurs dans leur investissement et ce, aussi bien à l'amont qu'à l'aval de la production. Toujours dans le but de réduire le taux de dépendance extérieure des unités de transformation, des experts jugent utile de favoriser l'introduction de capitaux dans la sphère agricole et permettre ainsi aux exploitations agricoles d'inscrire leur évolution dans une démarche d'entreprise. Il faut dire aussi que les progrès réalisés ces dernières années dans le domine de la production agricole peuvent inciter les industriels à investir davantage dans les activités en amont et en aval de l'agriculture, d'autant plus que le soutien de l'Etat à ce secteur d'activité est devenu un puissant levier d'incitation à l'investissement dans la transformation des produits agricoles. Un sérieux coup de pouce pour booster le secteur car c'est un enjeu majeur pour l'avenir du pays.
Z. A.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ziad Abdelhadi
Source : www.latribune-online.com