
Un séminaire, organisé par la Fédération algérienne des personnes handicapées en collaboration avec Handicap International, a eu lieu hier à Alger pour débattre de l'insertion sociale des personnes handicapées.La Fédération algérienne des personnes handicapées (FAPH) a organisé, hier à Alger, en partenariat avec Handicap International, un séminaire sur le thème «L'inclusion sociale des personnes handicapées dans la wilaya d'Alger». Il s'agissait de rendre publics les résultats d'une enquête menée de janvier à décembre 2014. Un message essentiel a été véhiculé : il ne faut plus regarder cette frange de la société avec pitié et la considérer comme une catégorie à part. Mais, constatent les spécialistes, «changer de vision est un processus long et difficile. Il faut passer d'une vision basée sur la charité à celle basée sur les droits. Il est plus facile de changer les lois que les mentalités».De l'analyse des données recueillies, on déduit que beaucoup reste à faire. Les handicapés souffrent de problèmes d'accessibilité aux bâtiments, aux transports et aux voies publiques, ainsi que du manque d'information sur les activités aménagées.Il a été noté des attitudes négatives à leur égard, notamment des insultes ou des moqueries, de même qu'un manque de respect pour la priorité. L'enquête révèle également les faibles niveaux éducationnels : 21% n'ont bénéficié d'aucune éducation, 55% ont pu accéder à l'enseignement primaire, 12% à la formation secondaire, 12% aux études universitaires.74% des interviewés disposent d'un revenu mensuel égal ou inférieur à 4000 DA. Il faut aussi ajouter les longues périodes d'attente pour accéder aux soins médicaux et les discriminations dont sont victimes les handicapés pour l'accès au marché de travail. «J'ai cherché, mais il y avait toujours un manque d'accessibilité. Un handicapé sur chaise roulante ne peut pas travailler dans un endroit où il y a des escaliers», témoigne une personne à capacité physique réduite.Sentiment d'injusticeCes situations génèrent fréquemment un sentiment de ne pas être respecté et valorisé en tant que professionnel. «Je veux travailler et on me le refuse. Je me suis senti inutile, j'ai ressenti un très grand mal-être, je me suis dit pourquoi suis-je venu au monde, suis-je né sans utilité ' C'est ce qui m'a touché le plus, je suis né ainsi et je ne peux rien y faire !», confie un autre. Il faut ainsi mettre en ?uvre une stratégie nationale pour le handicap, conforme aux principes de la Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées (CRDPH), signée par l'Algérie en 2007 et ratifiée par le décret présidentiel 09-188 du 12 mai 2009.La situation et la perception des personnes handicapées évoluent en Algérie, mais leur insertion au sein de la société reste insuffisante. Réfléchir sur la question de l'inclusion sociale des personnes en situation de handicap implique une discussion sur la façon dont la société a rejeté, accentué ou intégré la différence au fil du temps. L'étude recommande l'adoption d'un plan d'accessibilité et un mécanisme de soutien à l'autonomie par l'amélioration de la disponibilité de moyens de transport adaptés et la création d'un système de guides ou assistants personnels pour les personnes handicapées.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel Benelkadi
Source : www.elwatan.com