L'insertion de l'Algérie dans les chaînes de valeur mondiale a été au centre de la rencontre-débat organisée, hier, à l'hôtel Sofitel d'Alger, par le Cercle d'action et de réflexion (Care) autour de l'entreprise et animée par le Dr Craig Van Grasstek, un expert américain reconnu des politiques d'échanges extérieurs et du système commercial multilatéral. "Il ne s'agit pas de s'intégrer dans n'importe quelle chaîne de valeur", a précisé Nadhir Laggoune, consultant en management international. "Il s'agit de s'insérer de manière intelligente dans les chaînes de valeurs mondiales d'avenir", a-t-il indiqué, s'interrogant sur le choix opéré par l'Algérie concernant la filière automobile.Alors que dans certains pays occidentaux on assiste à un phénomène de décarbonisation de la filière, Nadhir Laggoune estime que l'Algérie devrait exploiter ses avantages comparatifs pour investir, entre autres, l'économie de la connaissance, les services à forte valeur ajoutée? Le Dr Craig Van Grasstek, professeur à Harvard Kennedy School, USA, a tenté d'expliquer les difficultés et les avantages liés au processus d'accession à l'Organisation mondiale du commerce. L'auteur de l'ouvrage Histoire et avenir de l'organisation mondiale du commerce souligne que les négociations d'adhésion prennent de plus en plus de temps.
Le Dr Craig Van Grasstek, qui a accompagné quelques pays dans leur processus d'accession à l'OMC, a évoqué certaines meilleures approches de négociation. Pour lui, l'Algérie devrait s'inspirer des expériences des pays comme les Seychelles et le Liberia concernant les engagements pris par ces pays sur les questions liées aux restrictions à l'investissement étranger, et des pays comme la Russie et l'Arabie saoudite sur la problématique de la double tarification des prix des hydrocarbures.
Le Dr Craig Van Grasstek estime que l'accession à l'OMC est un processus aussi bien national qu'international, soulignant l'importance de la concertation avec toutes les parties prenantes. L'objectif principal est de rendre l'économie plus diversifiée et le régime d'investissement plus transparent et prévisible. En effet, l'insertion de l'Algérie dans le commerce mondial ne peut, en effet, être pensée indépendamment de la cruciale transformation structurelle de l'économie.
Au-delà de l'accession à l'OMC, malmenée par les Etats-Unis, notamment depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, l'urgence de réformes structurelles en Algérie est maintenant tout à fait établie, avec en perspective l'enjeu majeur de la diversification de ses échanges extérieurs et de son intégration plus harmonieuse dans le système commercial mondial.
Le président du Care, Slim Ohtmani, a d'ailleurs tenu à préciser que l'objectif de la rencontre n'est pas de faire la promotion de l'adhésion de l'Algérie à l'OMC. "Nous sommes en train d'expliquer le processus. Si nous voulons arrimer l'Algérie à l'économie mondiale, nous aurons besoin de comprendre les instruments qui nous permettront de nous défendre dans notre économie", a-t-il insisté. "Il s'agit de rendre l'économie algérienne plus performante", a-t-il ajouté.
Mouloud Hedir, ancien directeur général du commerce extérieur au ministère du Commerce, en charge notamment des négociations d'accession de l'Algérie à l'OMC, a exprimé des craintes quant au fait que les difficultés rencontrées aujourd'hui par l'OMC soient utilisées comme un argument pour reporter les réformes qui, pourtant, s'imposent.
"L'Algérie n'est pas membre de l'OMC. Les entreprises algériennes reflètent-elles leurs attentes '" s'interroge M. Hedir. "Nous avons besoin de construire un consensus sur les réformes au plan interne", estime-t-il. Selon M. Hedir, si l'Algérie devait être aussi attractive que l'Egypte, les IDE pourraient lui procurer plus de 50 milliards de dollars.
Meziane Rabhi
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Meziane RABHI
Source : www.liberte-algerie.com