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L'idée de remettre la rente en selle reviendrait dans le programme du RND



L'idée de remettre la rente en selle reviendrait dans le programme du RND
Le Rassemblement national démocratique (RND) dans son dernier communiqué, dans le cadre de la campagne électorale des législatives de 2017 compte sur la mise en valeur de nouvelles sources d'énergie, dont le gaz de schiste.Cette proposition émanant certainement de l'état-major du RND est théoriquement une soupape supplémentaire pour soutenir l'exploitation des énergies fossiles conventionnelles, dont les réserves sont en déclin depuis de nombreuses années, et depuis peu après les accords sur la réduction des exportations décidée par les pays membres et non membres de l'OPEP à Alger, puis à Vienne, à la fin de l'année écoulée. Cette proposition incluant «le développement des énergies renouvelables notamment solaire, ainsi que l'exploration et l'évaluation des gisements de gaz, et du pétrole de schiste», promet de veiller «à la sauvegarde de l'environnement, et à la préservation de la santé de la population». Le RND parle de l'indépendance énergétique sans toutefois préciser s'il s'agira de la consommation interne ou de la commercialisation du pétrole conventionnel, ou celui extrait des roches de schiste restant tributaire des offres concurrentes sur les marchés boursiers. La déplétion pour les pays producteurs ayant suivi le pic de la demande pétrolière mondiale essentiellement tiré par la croissance fulgurante de l'économie chinoise, des pays émergeants, et aux importations américaines avant l'avènement des exploitations par ces derniers des gisements du gaz et pétrole de schiste se trouvant sur leur territoire, montre que le contexte d'un prix du pétrole à plus de 100 dollars est durablement révolu. Donc, envisager de se lancer dans l'exploration, l'extraction et la commercialisation du gaz de schiste, en assumant toutes les contraintes liées à la production, aux difficultés attachées à l'investissement très coûteux, qu'il soit du domaine privé ou étatique, relèverait d'un pari à haut risque en termes de rentabilité. A en croire, les responsables d'Alnaft rendus publics en 2014, «le gouvernement algérien compte mobiliser 300 milliards de dollars US d'ici 2050 pour maintenir un niveau de production suffisant à la sécurité économique du pays». Le gaz de schiste dans le projet, pour renflouer les caisses de l'Etat, il n'y a pas si longtemps, tenait une place prépondérante. L'Algérie qui recèle des gisements très importants, mais dont on ignore avec exactitude les quantités exploitables, a bien tenté l'aventure en confiant à Sonatrach le projet, après la publication d'une nouvelle loi sur les hydrocarbures, entérinée en 2013 par le Parlement, laissant la porte ouverte aux multinationales et aux investisseurs étrangers, bien que ces derniers n'aient pas répondus, des protestations inattendues, et soutenues de la population d'In-Salah en raison des produits chimiques jetés à ciel ouvert, et des appréhensions de la contamination des nappes phréatiques, dont se servent les habitants pour leur usage domestiques, ou pour l'irrigation des terres agricoles. Sonatrach a fini par jeter l'éponge en 2015, pas seulement à cause des manifestations. Les coûts élevés de l'exploitation du gaz de schiste ne font aucun doute. C'est la réduction des productions des pays de l'OPEP et de certains pays non membres de ce cartel qui a permis aux compagnies pétrolières américaines de reprendre la production et aux banques de débloquer des crédits, avec cependant, des négociations sur le court terme avec les compagnies exploitantes, en cas de retournements du marché vers des prix bas. Du point de vue de l'agence Bloomberg, les producteurs de pétrole non conventionnel ont réalisé d'énormes efforts pour réduire leurs seuils de rentabilité. Selon les zones, ils recommenceraient à gagner de l'argent avec un baril autour de 50 dollars, alors qu'il fallait au moins 70 à 80 dollars, il y a encore deux ans. C'est dire que les promesses électorales sont plus difficiles à réaliser qu'à élaborer dans les sphères de l'imaginaire. Reconcevoir un prolongement de la politique de la rente est plus aisé que s'atteler à la construction d'une économie réelle et diversifiée.
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