Lune de miel économique entre Alger et LondresBien que le Royaume-Uni affiche un intérêt croissant pour l'Algérie, ses investissements dans le pays restent très limités et leur développement peu prometteur.L'Algérie perd des points, mais elle en gagne aussi. Et de grand calibre. En effet, l'envoyé spécial du Premier ministre britannique en Algérie, Lord Risby, a affirmé, hier, à l'ouverture de la deuxième édition du Forum algéro-britannique à l'hôtel El Aurassi, en présence de plus de 190 hommes d'affaires anglais, de centaines de chefs d'entreprise algériens et des responsables institutionnels des deux pays, que le Premier ministre britannique, David Cameron, considère l'Algérie comme un pays «très stable» et un partenaire «fiable». «Le Premier ministre britannique, David Cameron, considère l'Algérie comme un pays très stable dans une région qui connaît des difficultés. Nos relations sont solides dans les domaines sécuritaire, de la défense et économique que nous comptons renforcer davantage», a-t-il déclaré, hier à Alger, lors du 2ème Forum algéro-britannique sur l'investissement. Cette déclaration bat en brèche les remontrances de mauvais aloi de certains autres responsables étrangers qui ne ratent aucune occasion d'asséner des coups à Alger.L'ambassadeur britannique à Alger, Andrew Noble, a lui aussi abondé dans le même sens en affirmant que l'Algérie constitue un partenaire stratégique pour la Grande-Bretagne. «Si vous vous approchez (de l'Algérie) juste pour y vendre, vous ne pourriez pas voir les énormes opportunités d'investissements qu'elle recèle et que je vous invite à découvrir», a-t-il assuré à l'adresse des hommes d'affaires britanniques présents à ce forum. Du coté algérien, le ministre de l'Industrie, Abdessalem Bouchouareb a indiqué que cette rencontre représente une opportunité de nouer des relations de partenariats entre les chefs d'entreprise des deux pays.«L'Algérie et la Grande-Bretagne ont du chemin à faire ensemble. La rencontre d'aujourd'hui est une étape importante dans un processus qui ne fait que commencer. Nous allons, très prochainement, mettre en place une Chambre algéro-britannique d'industrie et du commerce, ce qui est de nature à encourager les partenariats entre les entreprises des deux pays», a-t-il déclaré en annonçant la mise en place d'une école britannique internationale d'ici 2017 ainsi qu'une grande ferme pour la production du lait dans l'Ouest algérien. Même son de cloche du côté du président du Forum des chefs d'entreprise algéro-britannique qui, tout en rappelant le travail qu'effectue l'organisation patronale qu'il manage afin de restituer à l'entreprise le rôle qui est le sien, à savoir le développement de l'économie, il a souligné que le Forum algéro-britannique est un moment important pour les investisseurs nationaux et étrangers qui sauront trouver des synergies pour développer des partenariats.Le ministre des Finances a lui aussi relevé qu'entre l'Algérie et la Grande-Bretagne, «une belle synergie commence» en étalant les caractéristiques de l'économie algérienne qu'il a présentée comme autant d'aspects positifs qui peuvent faciliter des partenariats gagnants entre les entrepreneurs des deux pays.En effet, selon lui, il est vrai que l'économie algérienne repose sur la fiscalité pétrolière, les dépenses publiques et les entreprises publiques, mais le gouvernement est en train de mettre un terme à cet engrenage mortel. «Nous allons à un rythme extrêmement vigilant parce que nous avons des traditions de solidarité que nous nous devons de sauvegarder. Néanmoins, nous sommes convaincus que la solution est dans le changement du régime de croissance et de financement et la valorisation du tissu des entreprises. L'équipe gouvernementale mène ce projet dans une synergie totale. Nous sommes en plein réajustement budgétaire afin de réorienter nos dépenses vers des investissements directement ou indirectement productifs. Nous oeuvrons également à multiplier par trois la fiscalité ordinaire par rapport à la fiscalité pétrolière. Nous travaillons en plus à agrandir notre PIB qui va de 200 à 220 milliards de dollars et le restructurer», a-t-il indiqué en promettant des business florissants aux investisseurs britanniques potentiels.Par ailleurs, interrogé sur le recours à l'endettement qui se veut de plus en plus inéluctable, Benkhelfa a affirmé que «l'endettement extérieur n'est pas à l'ordre du jour».Pour l'heure, il est à noter que les investissements du Royaume-Uni en Algérie sont minimes et le nombre réduit d'entreprises britanniques installées en Algérie contraste très mal avec l'enthousiasme qu'affichent les autorités algériennes. En effet, seules dix entreprises du Royaume-Uni sont présentes en Algérie dans les secteurs des hydrocarbures et des services et elles n'emploient que 2642 personnes. De plus, face à l'enthousiasme de Bouchouareb, Haddad et Benkhelfa, les chefs d'entreprises britanniques se sont montrés plutôt réservés.«L'Algérie ne représente pas un grand marché pour nous pour le moment, du moins stratégiquement. Donc, nous y installer n'est pas une décision facile à prendre. Par contre, investir avec des partenaires algériens qui ont une vision à long terme peut être intéressant», nous ont déclaré, en substance, les différents chefs d'entreprise britanniques que nous avions rencontrés sur les lieux, ce qui n'est pas de nature à promettre des merveilles. Néanmoins, la mise en place d'une Chambre algéro-britannique de commerce et d'industrie peut changer la donne dans les années à venir.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amar INGRACHEN
Source : www.lexpressiondz.com