Alger - Revue de Presse

L’historien Mahfoud Kaddache inhumé hier



«Une grande perte» pour le PrésidentL’historien Mahfoud Kaddache, décédé dimanche à l’hôpital militaire de Aïn Naâdja, à l’âge de 85 ans, a été inhumé hier au petit cimetière de Ben Aknoun. L’homme qui a brisé le silence imposé par le pouvoir a été accompagné à sa dernière demeure par une foule nombreuse. Outre les intellectuels, les artistes, les hommes de lettres, il y avait également les scouts d’Alger qui n’ont jamais oublié le petit Mahfoud, avec sa tenue des SMA. Ont accompagné feu Kaddache, les cadres et militants du FFS, un parti qu’il a représenté aux premières élections démocratiques en Algérie. Mais malheureusement, le ministre des Moudjahidin s’est absenté à l’enterrement d’un homme qui a consacré toute sa vie à l’histoire de l’Algérie. Le président de la République a estimé, et à juste titre, que la disparition du professeur Mahfoud Kaddache est «une grande perte» pour le monde de la recherche scientifique, de l’écriture de l’histoire et de l’enseignement supérieur. Dans un message de condoléances adressé à la famille du défunt, M. Bouteflika salue «en le regretté Mahfoud Kaddache l’illustre historien et le militant émérite», estimant que «l’Algérie vient de perdre l’un de ses grands historiens qui a dédié toute sa vie à la mémoire collective de la nation, en revisitant l’époque de la préhistoire jusqu’aux étapes historiques majeures, à travers des ouvrages exhaustifs, dénotant d’une riche connaissance... C’est ce qu’a dit hier le ministre Boudjemâa Haïchour qui a, notamment, salué l’objectivité intellectuelle de Mahfoud Kaddache. En tant que militant de la cause nationale, il fut sympathisant actif du mouvement pour les libertés démocratiques (MTLD 1947-1954) et dut subir plusieurs arrestations et détentions tout en faisant l’objet de plusieurs tentatives d’assassinat par l’Organisation de l’armée secrète (OAS). Hier, ses compagnons n’ont pas cessé de raconter le 1er Novembre 1954, quand il se trouvait à El Riadh (centre de Tixeraïne) pour un regroupement des Scouts musulmans algériens. En 1953, il était secrétaire général des SMA, avant d’en devenir le président de 1957 à 1962. Celui qui vient de nous quitter presque en silence et avec la pudeur qui l’a caractérisé, est né en 1921, à la Casbah d’Alger. Orphelin de père à l’âge de 6 ans, il a exercé différents métiers, dont marchand de légumes et vendeur de produits de beauté dès son jeune âge. Ce qui ne l’empêche pas en parallèle d’effectuer un parcours scolaire brillant, en décrochant successivement un certificat d’études primaires, puis le brevet élémentaire. En accédant à l’Ecole normale, il obtient son brevet supérieur, puis la licence d’histoire et, quelques années plus tard, le diplôme d’études supérieures puis le doctorat d’Etat. Idir D.
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