L'heure des grandes mises au point a sonné. Alger et Paris se penchent aujourd'hui sur des dossiers importants, parfois sujets à controverse, dans le cadre de la cinquième réunion du Comité mixte économique franco-algérien (Comefa). Il se tiendra en parallèle de la quatrième session du dialogue stratégique entre les deux pays.Abla Chérif - Alger (Le Soir) - Ces réunions étaient très attendues puisqu'elles surviennent dans un contexte marqué par certaines tensions ayant affecté les relations bilatérales au point où des représentants ou responsables des deux Etats ont dû intervenir à plusieurs reprises pour tenter d'aplanir ce que l'on tente de présenter comme étant des malentendus. Le premier est ouvertement lié aux restrictions très visibles imposées par Paris en matière d'octroi de visas aux Algériens et qui demeure en vigueur en dépit de toutes les explications et les assurances apportées par l'ambassadeur de France en Algérie.
Le second point s'inscrit dans le cahier des charges des activités économiques jugées encore assez difficiles par les Français en quête d'une plus grande ouverture et de facilités qu'ils affirment peiner à trouver. Le tout se déroule sur fond de crise politique inavouée imputée à une série de déclarations jugées offensantes et ciblant régulièrement le Président Bouteflika.
A son époque, François Hollande avait déjà tenu des propos politiquement incorrects en félicitant son ministre de l'Intérieur alors en mission à Alger d'être «rentré sain et sauf». Plus tard, c'était au tour d'Emmanuel Valls de tweeter sur son compte personnel une photo montrant le chef de l'Etat algérien sous son plus mauvais jour. A ces faits, s'est ajoutée une affaire restée encore incomprise à ce jour et liée au refus français d'accorder une plus grande protection policière à l'ambassade d'Algérie à Paris. Cette situation est survenue au moment où l'ancien responsable de la DGSE et à la fois ex-ambassadeur de France en Algérie s'est distingué par la publication d'un brûlot critiquant le système algérien actuel. Dans ses déclarations à la presse, Bajolet a enfoncé le clou en évoquant le Président Bouteflika avec des qualificatifs choquants. Alger s'est gardée de réagir dans la précipitation et s'en est tenue aux «mises au point» de l'ambassadeur de France en Algérie lequel affirmait que ces propos n'engageaient que la responsabilité de leur auteur.
Une procédure de réciprocité a cependant été immédiatement appliquée en ce qui concerne les représentations françaises autour desquelles la protection policière a été réduite considérablement. Pour éviter d'envenimer la situation, le Premier ministre algérien avait d'ailleurs évité de parler de «crise» mais plutôt de «réciprocité».
Une certitude, les points chauds, ceux qui concernent notamment la libre circulation des personnes sera au centre des discussions qui s'ouvrent donc aujourd'hui dans le cadre du Comefa. Le moment était d'ailleurs attendu par la partie algérienne désireuse d'obtenir des explications sur le sujet des visas. Dans un communiqué publié par le ministère des Affaires étrangères, il est, d'autre part, indiqué que la cinquième réunion du Comefa se déroulera sous la coprésidence de Messahel, Youcef Yousfi, ministre de l'Industrie et des Mines, Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères et Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances.
«Cette session sera consacrée à l'évaluation de la coopération économique algéro-française et un examen exhaustif de l'état d'avancement des projets en cours, elle sera mise à profit pour dresser les grandes perspectives du partenariat industriel entre les deux pays en prévision de la tenue à Alger, dans les semaines à venir, du CIHN (Comité intergouvernemental de haut niveau) coprésidé par les deux Premiers ministres», indique la même source. En parallèle, Messahel coprésidera avec Le Drian la quatrième session du Dialogue stratégique algéro-français «sur les questions de sécurité et de lutte contre le terrorisme au cours de laquelle seront abordés les grands dossiers politiques régionaux et internationaux d'intérêt commun, Libye, Syrie, Mali, migration, lutte antiterroriste et déradicalisation».
A. C.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abla Chérif
Source : www.lesoirdalgerie.com