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L'hécatombe, en attendant le permis à points Accidents de la route



En effet, la première semaine du mois s'achève avec déjà un macabre bilan des accidents de la route. Plus d'une quarantaine de morts et de 80 blessés ont été enregistrés, notamment sur certains axes meurtriers, comme la RN Alger-Oran ou celle qui relie la capitale et le grand sud. C'est à ses risques et périls que l'automobiliste prend, désormais, la route durant les deux heures qui précédent le ftour. C'est au cours de cette période que surviennent plus de la moitié des accidents. Pressés d'arriver, certains automobilistes n'hésitent pas de rouler à plein gaz. « Déjà qu'en temps normal, l'Algérien est impatient, vous imaginez alors lorsqu'il a les nerfs à fleur de peau », confie un émigré qui incrimine d'abord le comportement de nos concitoyens au volant. Le danger doit être d'autant plus redouté qu'en plus des manques qui exacerbent les nerfs des conducteurs, le Ramadhan coïncide avec les congés, synonymes de déplacements. Rien, ni les campagnes médiatiques, ponctuées d'appels récurrents à la prudence ni les effets dissuasifs des lois plus répressives ne semblent mettre fin à ce qui s'apparente à un véritable massacre à ciel ouvert. Le nouveau code de la route, qui est entré en vigueur en 2010, même s'il a contribué à faire baisser le nombre de morts et de blessés, a néanmoins montré quelques insuffisances. Le bilan de l'année 2012 indiquait 4.427 morts, un chiffre considéré comme l'un des plus élevés au monde. Derrière des chiffres froids et des statistiques banales, se cachent des drames. Récemment à El Asnam, près de Bouira, c'est un couple de Chlef et sa petite fille qui ont trouvé la mort, de même qu'un autre couple le jour même de leur mariage. Le coût financier est également un fardeau pour les sociétés d'assurance et les caisses de sécurité sociale. Nos routes, et pas seulement les grandes voies de circulation, sont devenues de véritables cimetières. Chaque automobiliste pourra témoigner de comportements qui mettent en danger la vie des autres. Dépassements dangereux, vitesse excessive, consommation d'alcool au volant ...les chauffards n'ont plus de scrupules et l'incivisme en matière de stationnement ou de conduite atteint des proportions effarantes et dépasse tout entendement. Ce ne sont plus seulement les poids lourds qui sont incriminés dans les courses vers la mort. « Depuis que des jeunes, avec l'argent de la famille ou grâce aux prêts de l'Ansej, conduisent des véhicules et des engins neufs, beaucoup d'entre eux sont devenus des dangers », estime un chauffeur de bus qui exerce depuis une quinzaine d'années sur la ligne Alger-Tizi Ouzou. Le ministre de l'Intérieur lui-même s'est montré inquiet quant à cette situation lors de sa visite à Aïn Defla. « On a presque tout essayé sans réussir apparemment », reconnaît le député Saïd Lakhdari du FLN. Il était un de ceux qui ont voté la loi sur les nouvelles règles de circulation. Comme lui, beaucoup pensent que l'ultime recours reste l'instauration d'un permis à points. Des wilayas ont déjà reçu les documents relatifs à son application mais celle-ci tarde à être effective. Ce dernier combine l'effet dissuasif et préventif, car beaucoup d'automobilistes chercheront à perdre le moins de points pour éviter le retrait du document. Celle-ci étant la crainte majeure, toute alerte mènera à un comportement responsable. Cette méthode sera-t-elle la panacée ' Il faut croire que celle-ci ne peut tout régler. Il faut aussi des mesures en amont. Des routes en bon état et une vraie signalisation peuvent constituer aussi un facteur de nature à réduire les accidents. Le ministre des Transports envisage également de revoir l'examen d'obtention du permis et un contrôle plus strict des auto-écoles dont certaines font preuve de complaisance moyennant argent. L'aspect répressif ne peut venir, à lui seul, à bout de ce phénomène. L'instauration incessante d'un système de permis à points, doublée d'une application stricte de la réglementation par les agents de l'ordre public, est très attendue. Elle est à même de réduire, au moins, l'ampleur de ce qui s'apparente à une catastrophe.
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