
En liant le sort de son pays à celui de l'Algérie, le nouveau chef d'Etat tunisien résume, on ne peut mieux, la formidable idée caressée depuis des décennies par les successifs dirigeants des pays du Maghreb de construire un avenir commun pour l'ensemble des Etats de la région. Même si en tant que telle cette union n'est demeurée qu'une vue de l'esprit, elle n'en témoigne pas moins de l'inéluctabilité d'arriver un jour ou l'autre à sa matérialisation.Bien entendu, toutes les bonnes intentions du passé ne sont plus d'actualité, les temps ont changé et la question n'est plus d'établir des liens cordiaux dictés par le bon voisinage, mais aussi une mutuelle solidarité, lesquels passent inévitablement par des échanges commerciaux de bon aloi. Le Maghreb n'est plus un havre de paix, l'ensemble du continent ne l'est pas non plus même si l'espace géographique en question a toujours vécu de turbulences entretenues par ceux-là mêmes qui y interviennent au motif de voler au secours des populations de pays qu'ils ont asservi jusqu'au sang et en pillant leurs sols.Sur l'ensemble de son histoire, l'Algérie aura tout vécu. Du colonialisme génocidaire aux tumultes internes, elle a su tirer tous les enseignements possibles des expériences vécues à telle enseigne qu'elle se pose aujourd'hui en l'exemple incontournable de l'Etat qui s'est sorti de l'horreur seul et surtout indemne même si les milliers de victimes quelles qu'elles soient d'une fameuse décennie ne peuvent être passées seulement par pertes et... pertes.Et c'est justement cette réalité hors du commun et unique en son genre dans un pays africain, voire dans le monde arabe, qui a en fait une sorte de Mecque incontournable par les chefs d'Etat africains en partie confrontés aux affres du terrorisme ou qui en constatent l'émergence insidieuse. L'instabilité dans les pays du Sahel, l'exode des peuples, les flux migratoires massifs et les difficultés des pays réputés stables à les prendre en charge malgré tous les moyens mis pour ce faire comme cela a été le cas en Algérie, où des milliers de Nigériens ont séjourné grâce à la solidarité des Algériens, durant des mois dans des conditions les plus humaines possibles. Le terrorisme dans les formes où il s'exerce désormais est de plus en plus tentaculaire, son activité essentielle n'étant plus le crime de sang, mais la vente d'armes, le rapt, la corruption, le viol et la religion dont il se faisait jusque-là le champion n'étant plus qu'une vague revendication.Sur cet aspect précis du dossier, les visites des Présidents sénégalais, tchadien, béninois ces derniers jours et tunisien aujourd'hui, ne sont donc pas fortuites, ce qui n'exclut pas évidemment les autres volets d'échanges : économique, culturel, énergétique, dans le domaine de l'éducation, de la recherche scientifique... en fait, les accords de coopération peuvent être multiples entre des pays d'un continent que d'illustres économistes occidentaux considèrent comme la région du monde la plus porteuse sur tous les plans... au même titre d'ailleurs que des spin-doctors attachés au grands de ce monde parmi les dirigeants les plus influents de la planète.S'ils témoignent de la considération et l'intérêt qu'ils ont pour l'Algérie et sa grande expertise dans tous les domaines, les hôtes africains ne sont pas les seuls à considérer celle-ci comme un partenaire exclusif dans la mesure où nombreux sont, à leur tour, les représentants d'Etats européens, voire des autres continents, à faire de notre pays une destination privilégiée pour la stabilité régionale et continentale.A. L.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Lemili
Source : www.latribune-online.com