
Amar RafaIls sont Chinois, Français ou Allemands, qui ont assuré la couverture médiatique de l'élection présidentielle en Algérie. Leurs déplacements à travers les bureaux et centres de vote, répond à l'intérêt suscité par cette élection, notamment les conséquences de cette expérience démocratique sur l'avenir du pays en relation avec l'environnement géostratégique marqué surtout par le printemps arabe. Il s'agit pour nombre de correspondants et envoyés spéciaux de grandes chaînes de télévision étrangères, rencontrés au Centre international de presse (CIP) de faire une comparaison avec les autres pays arabes, comme nous le confirme le représentant d'une chaîne allemande, qui affirme qu'en dépit des bonnes relations bilatérales avec l'Algérie, les ressortissants de son pays connaissent peu de choses sur l'Algérie et que sa présence à l'occasion de cette élection participe de ce souci de faire connaître le pays et son expérience démocratique. Ils ont, en majorité, souligné leur satisfaction des conditions de déroulement de l'élection, dans le calme et la stabilité que connaît l'Algérie.Majed Nehmé, directeur de rédaction à Afrique-Asie, que nous avons sollicité pour donner son avis au sujet de cette élection, a estimé que les abstentionnistes se sont auto-exclus de fait du jeu démocratique.Ayant couvert toutes les élections présidentielles depuis 1999, il déclare : «Ça me rappelle celle de 2004, par ses excès et sa vivacité et son dynamisme, par le débat, ne serait-ce que par la présence des médias lourds», a-t-il dit en relevant toutefois que «la nouveauté, cette fois-ci est que la campagne a démarré très tôt, est que le président a tardé à annoncer sa candidature».Il devait affirmer, pour cette élection, qu'«avec les télés qui diffusent de l'étranger et les réseaux sociaux, on ne peut pas prétendre que le débat n'a pas été ouvert ou démocratique, ou qu'il y a des candidats qui n'ont pas pu transmettre leur message à leurs potentiels électeurs». Pour l'analyste, ce qui est à déplorer, et qu'il qualifie d'antidémocratique, est l'appel au boycott. «Le droit de vote est un droit essentiel qui a été arraché au prix de 1,5 million de morts en Algérie», en rappelant que les Algériens ont voté massivement pour l'indépendance. Donc, pour lui, «on peut être pour ou contre, mais le vote est primordial, quitte à glisser dans l'urne un bulletin blanc. Car c'est considéré comme un message». «Quand on ne s'exprime pas cela veut dire, qu'on ne s'occupe pas de politique», a-t-il affirmé. «Le boycott est une position incomprise», a-t-il dit en ajoutant que «voter est la seule erreur démocratique. On a vu dans tous les pays ou la rue s'est imposée quelles étaient les résultats. De même qu'en Algérie lors de la décennie noire, en octobre 1988. La raison est qu'il n'y avait pas de loi électorale».En soulignant la nécessité du vote, il dira «en Tunisie, en Libye il n'y a pas eu de vote regardez le résultat. En Ukraine, aujourd'hui même ce pays est menacé de disparition. Il y a eu un coup d'Etat qui a entrainé l'annexion de la Crimée. C'est un pays éclaté. Est-ce cela la démocratie ' La minorité qui investit la rue dit ?'le peuple veut faite tomber le régime?', mais le peuple veut s'exprimer à travers les urnes. Le boycott est un crime contre la démocratie. Les boycotteurs s'excluent du jeu démocratique». Il devait rappeler dans ce contexte, un principe selon lequel «la sécurité est la première des règles de la démocratie».Majed Nehmé, estime qu'il est dommage que des mouvements et partis en Algérie appellent au boycott car «c'est une catégorie respectable». Aussi, pour lui, «Ali Benflis et Bouteflika, représentent presque la même sensibilité, ils ont utilisés les programmes récurrents et les slogans sur les libertés et le changement sont des slogans électoraux», mis à part que «l'un a un bilan sur lequel il peut être jugé alors que les autres ont des promesses». Enfin, il affirme que la continuité est l'option la plus probable selon les analystes, arguant que «le contexte régional a besoin d'une Algérie forte et stable».A. R.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : La Tribune
Source : www.latribune-online.com