Environnement économique, culture de la concurrence, la relation entre le CC et l'Etat et ses institutions, but, rôle et mission du CC sont les thèmes récurrents qui sont revenus durant près de deux heures qu'aura duré le Forum d'Echaâb. M. Amara Zitouni, président du Conseil de la concurrence (CC), invité du Forum hier, n'a pas pris de gants pour asséner les vérités en répondant avec franchise et passion à toutes les questions posées.Ahmed Kessi - Alger (Le Soir) - D'emblée, il a annoncé la couleur. Il a évoqué le rapport d'exercice 2020 de l'organisme qu'il préside et qui, dit-il, a été transmis à l'instance parlementaire avec ses deux Chambres (APN et Sénat), au Premier ministère, au ministère du Commerce, au Conseil national économique et social et environnemental (Cnese) et aux organes de presse. A propos dudit rapport, il affirme qu'il est «un véritable plaidoyer pour la réhabilitation de la concurrence», tout en soulignant que le CC ne «travaille pas en vase clos, et qu'il croit dur comme fer à la transparence». Abordant le contexte de sa réactivation en 2013, M. Zitouni a réitéré la nécessité d'intégration de la culture de la concurrence au sein de la société, de l'environnement économique, du fait évident, a-t-il expliqué, «que la concurrence fait partie de la nature humaine. Certains la qualifient même de matière de sport où il n'est pas toléré de se doper, de tricher, de recourir à tout procédé déloyal qui ne respecte pas l'esprit de compétitivité pour prendre la place de l'autre». Abordant le cadre dans lequel le CC exerce la mission qui lui est dévolue, Maître Zitouni a asséné que l'ère du «nationalisme économique» est désormais révolue, tout en soulignant la nécessité urgente de revoir la législation régissant le CC actuellement, et sa réadaptation au contexte de l'heure et ce, de manière évolutive, tous les quatre ou cinq ans. Car, soutient-il, «il est quasiment impossible de gouverner un pays sans tenir compte du contexte de la mondialisation en adaptant les lois à la conjoncture». Par ailleurs, Zitouni a déploré le fait que la culture de la concurrence ne soit pas ancrée. «L'évolution des esprits n'a pas suivi l'adhésion à l'OMC, hélas !» Enchaînant dans le même ordre d'idées, il notera que «l'évolution des mentalités doit accompagner tous les instruments de régulation existants, à leur tête le CC, qui est le régulateur en chef qui doit rester neutre, indépendant, objectif et ne doit aucunement subir de pression, d'où qu'elle vienne». Selon lui, seuls quelques secteurs sont «empreints » d'esprit de concurrence : le secteur des assurances, celui de l'automobile et le marché du médicament.
«Le CC agit au nom et au compte de l'Etat.» La mission du CC est «l'efficience économique et la protection du consommateur. De plus, il a une relation directe avec la création de l'emploi, le pouvoir d'achat du citoyen, etc.». Par ailleurs, Zitouni a affirmé que l'institution qu'il préside travaille d'arrache-pied pour finaliser une contribution proposant une batterie de mesures comme solutions à l'économie nationale. Interrogé quant à l'élaboration d'un plan de communication spécifique du CC, son président a indiqué qu'en effet, «un plan existe. On a fait appel à un expert pluridisciplinaire, signé des conventions avec sept universités, deux institutions (SGP, Cnese) et avons tenu plusieurs rencontres à travers le territoire national». Le constat qui a été fait est amer et désolant : «Le message parfois ne passe pas carrément. Certains opérateurs économiques nous disent que le pays n'est pas prêt pour l'économie de marché.» Créé dans le sillage des réformes économiques engagées par le gouvernement, au cours des années 1990, le Conseil de la concurrence a été réactivé en 2013. Il a enregistré cinq plaintes et deux demandes d'avis traitées durant l'exercice 2020, qui a vu son activité fortement impactée par la pandémie de Covid-19.
A. K.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ahmed Kessi
Source : www.lesoirdalgerie.com