Alger - A la une

L'Etat «délinquant» !



Trois rencontres de la 7e journée du championnat de la Ligue 1 programmée les 5 et 6 octobre n'ont pas encore été domiciliées par la LFP. Il s'agit des matchs NC Magra-MC Alger, NA Hussein Dey-AS Aïn M'lila et JS Kabylie-ES Sétif. Les deux premiers à cause l'éventualité de réouverture des stades du 20-Août-55 (Alger) et de Magra alors que le troisième en raison de la suspension qui frappe l'équipe kabyle suite aux incidents du match JSK-CRB qui ont donné lieu à une sanction de 4 matchs à huis clos dont deux loin du stade du 1er-Novembre de Tizi-Ouzou. Une telle incertitude ne date pas d'aujourd'hui. Plusieurs rencontres des championnats dits professionnels ne se sont pas déroulées à cause de l'absence d'infrastructures pouvant les accueillir. La dernière en date fut USMH-JSMB programmée un peu partout dans les stades de la capitale mais qui a été finalement reportée à une date ultérieure. Désormais, le calendrier national en Ligue 1 dépendra non seulement des compétitions continentales et régionales pour lesquelles nos clubs sont encore en lice mais également de la disponibilité des stades. Cela remet sérieusement en cause le «projet» de la FAF de punir les clubs des deux ligues dites professionnelles par la rétrogradation en raison de l'absence d'équilibre dans leurs finances. L'aspect lié à la disponibilité d'aires de jeu aux normes est davantage plus contraignant que les moyens financiers que les clubs peuvent quémander chez les collectivités ou dans les caisses de l'Etat. C'est ainsi que l'intention des pouvoirs publics de doter les clubs de la Ligue professionnelle de sociétés nationales, elles-mêmes en difficultés financières, est une nouvelle fuite en avant. Il aurait été plus conséquent que le football soit aidé d'une moyenne structurée et structurelle. A savoir en mettant les moyens matériels et humains à la disposition de ces clubs budgétivores qui ne dégagent aucune recette. Bien au contraire. Construire des stades, former des formateurs et des personnels qualifiés en sport sont les principales tâches auxquelles le pouvoir en exercice se doit de réunir. Ce n'est pas en ouvrant les vannes que le sport-roi, et les autres disciplines sportives, vont retrouver stabilité et gloire. Les projets initiés par quelques particuliers, à l'exemple des patrons du Paradou AC qui ont investi pendant deux décennies avant d'entamer la récolte, apportent la preuve que l'Etat est un mauvais élève qui ne veut pas apprendre. Le football, comme pas mal d'autres sports et d'autres secteurs de l'activité économique, a plus besoin d'une prise en charge foncière. De ses fondements. Le replâtrage et autres actions de bricolage durent depuis un demi-siècle sans que le sport, le football en premier, se hisse à la posture qu'il doit occuper, sur la scène continentale du moins. On ne peut jamais expliquer aux jeunes générations, et à celles à venir, pourquoi l'Algérie qui a consenti des millions de milliards de DA et de dollars n'arrive pas à s'installer confortablement et dans la durée au sommet des sports dits mineurs. Le titre de juillet dernier de notre sélection nationale, dont la composante est issue dans sa globalité d'horizons divers spécialement de l'école française, ne peut constituer qu'un arbre qui cache (comme toujours) la forêt. Une jungle dont les maîtres sont les mêmes depuis des décades. Ce qui explique, en partie, les avancées à reculons que le sport algérien accomplit. Et c'est pourquoi surtout que nos élites continuent de se produire sur des terrains municipaux hérités de l'ère coloniale. Et voguent les nouveaux «colons» !M. B.
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