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L'Etat au secours d'ArcelorMittal Algérie



L'Etat au secours d'ArcelorMittal Algérie
La 17e tripartite qui s'est tenue ce dernier jeudi à Alger a été ponctuée par de nombreuses et importantes décisions entre autres, celle de l'aide financière d'un milliard de dollars accordée à la société ArcelorMittal Algérie. Elle a pratiquement fait l'effet d'une bombe dans le milieu des sidérurgistes du complexe d'El Hadjar. La majorité des 5 300 salariés ont beaucoup applaudi cette décision.Et pour cause, cette aide financière substantielle s'ajoute à celle des 500 millions de dollars déjà accordés à cette même entreprise pour la réhabilitation de son outil de production. C'est apparemment ce nouvel apport financier qu'espéraient les cadres dirigeants ArcelorMittal pour lancer les appels d'offres destinés à la matérialisation du plan d'investissement initialement évalué à 500 millions de dollars. Ce dernier montant déjà dégagé par le Trésor public algérien s'est avéré insuffisant au lendemain de la mise à l'arrêt définitif de la coquerie et celui momentané du haut fourneau n°2. Il est également insuffisant au vu de la vétusté des autres installations de production comme les laminoirs, les aciéries et la centrale à oxygène. Le difficile redémarrage du haut fourneau n°2, véritable poumon de la production du fer et de l'acier au complexe sidérurgique El Hadjar, a ajouté un plus aux difficultés de la direction générale de l'entreprise. Celle-ci a planifié une production de 1,1 million de tonnes pour l'année 2014. C'est donc un grand ouf de soulagement qu'ont poussé ce dernier jeudi les salariés tous statuts confondus. Une position unanime même si, le partenaire social à savoir le syndicat de l'entreprise est secoué par une lutte intestine qui se poursuit depuis des mois. L'accord rendu public le jour même de la tripartite a reçu l'aval des pouvoirs publics et en particulier de Abdelmalek Sellal. Le Premier ministre sera d'autant plus attentif à la situation du complexe sidérurgique El Hadjar quand on sait qu'il avait lui-même décidé de l'octroi des 500 millions de dollars destinés à la réhabilitation de certaines installations de ce complexe. Ce pactole de 1,5 milliard de dollars pourrait-il suffire pour éviter le naufrage complet de la sidérurgie algérienne qui a perdu ces dernières années 50% de ses capacités de production et de ses effectifs ' Faudrait-il encore que cessent les manipulations et les opérations de déstabilisation provoquées par des syndicalistes dont ceux à la retraite et d'autres sans base électorale qui ont pour seule préoccupation la sauvegarde de leurs privilèges. Les uns et les autres ont pour complice le fossoyeur de l'économie nationale et du monde du travail Abdelmadjid Sidi Saïd l'inamovible secrétaire général de la centrale syndicale UGTA. Cette complicité est matérialisée à ArcelorMittal par une multitude de grèves provoquées à l'initiative du conseil syndical. Elles ont pour corollaire des arrêts prolongés de la production, synonyme de perte sèche l'équivalent de 1 million de dollars/jour. La crise syndico-syndicale qui n'en finit pas de durer même si du côté de la direction générale l'on se dit serein, accule à la faillite ArcelorMittal Algérie. Alors que tous les indicateurs étaient au rouge les précédentes années, la situation a atteint le point de non-retour avec l'arrêt prolongé du haut fourneau. Il n'a toujours pas redémarré. Ce qui a imposé à la société d'importer 10 000 billettes pour faire tourner les machines du laminoir fil et rond dont les produits sont très demandés sur le marché national. Cette récession des activités du complexe sidérurgique ArcelorMittal en deçà d'une certaine limite fixée par les experts, comporte de graves risques de caractère politique, économique et social. Depuis la fin de l'année 2011, la sidérurgie algérienne livre une bataille perdue d'avance. L'exploitation des installations de production du complexe sidérurgique donne un produit qui coûte environ deux fois plus cher que celui acquis à l'importation. «Pas d'aide financière à fonds perdus», avait averti le Premier ministre. Lors de la tripartite tenue en février 2014, il avait été contraint de prendre du recul dans sa déclaration sur la finalité des modalités de contribution du Fonds national d'investissement (FNI). «Des modalités de financement de l'investissement national public et privé consistent à se donner les moyens de développer l'activité de financement de l'entreprise par des actions de formation de son personnel et par l'implémentation de procédures de traitement des dossiers des investisseurs dans des délais courts. Le FNI s'attèlera à vulgariser la politique d'investissement du fonds, particulièrement en ce qui a trait à la stratégie, au niveau d'intervention, aux conditions et aux méthodes d'évaluation des projets et des entreprises, et ce, afin d'encourager l'investissement national», avait-il souligné. Société mixte au capital social à 51% algérien, ArcelorMittal vient donc d'obtenir 1 milliard de dollars du gouvernement. Juste ce que le grand patron du groupe sidérurgique luxembourgeois Lakshmi Mittal avait demandé. Ce ballon d'oxygène lui permettra de sauver le complexe d'El Hadjar dont il contrôle 49% des actifs. Outre cette aide financière directe, le patron du groupe leader mondial de la production de l'acier négocierait avec le gouvernement algérien des exonérations de charges sociales et fiscales, voire des subventions. Du côté des anciens cadres dirigeants de la sidérurgie nationale l'on estime que les prétentions de Lakshimi sont excessives. En fait, si Abdelmalek Sellal semble un peu plus disposé que ses prédécesseurs à donner un coup de pouce à la sidérurgie nationale pour l'empêcher de couler corps et biens, c'est parce qu'il aurait été sensibilisé, comme cela a été dit plusieurs fois, par le rapport explosif rédigé par les experts. Ce rapport tire la sonnette d'alarme et invoque les risques de disparition à court terme du complexe ArcelorMittal, des filiales du groupe Sider, des mines de l'Ouenza et de Boukhadra à Tébessa. Le même rapport réclamait une politique de reconquête mobilisant 2,4 milliards de dollars en deux ans. A voir la frénésie qui s'est emparée depuis quelques semaines de certains syndicalistes qui ont trouvé en leurs adversaires d'hier, leurs alliés d'aujourd'hui, la question qui mérite d'être posée est le secours financier apporté par l'Etat aux sidérurgistes algériens, profitera-t-il effectivement à ces derniers ou attisera-t-il davantage les convoitises de ceux qui tirent les ficelles de la déstabilisation de la sidérurgie algérienne.


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