Une analyse de Mohamed Téguia
Depuis l?existence d?une ALN bien structurée en Wilaya IV ayant ses règlements, sa discipline, ses principes, il y eut des jugements et des sanctions sévères allant jusqu?à la peine capitale pour défaitisme, dénigrement de l?ALN ou de ses responsables, abandon d?arme, fuite etc. C?étaient des cas isolés que seules les unités concernées connaissaient, la sanction servait d?exemple, maintenait la cohésion dans les rangs de l?ALN qui, dans son écrasante majorité, adhérait à la rigueur révolutionnaire stimulant l?action et balayant tout amollissement ou découragement. En cette année 1959, il y avait certes, çà et là des éléments faibles, découragés, fatigués, qui croyaient entrevoir dans l?offre de « la paix des braves » une issue aux combats. Ces hommes, comme avant, étaient rares, mais les services spéciaux étant à l?affût avaient accumulé des renseignements sur l?état d?esprit de certains individus et le moment leur paraissait venu de les exploiter. Les plans de Challe prévoyaient à la même époque des opérations de très grande envergure, destinées à mettre définitivement à genoux l?ALN. Une convergence allait s?établir entre l?action contre-révolutionnaire souterraine et le déferlement sans précédent des moyens militaires humains et matériels, sur chaque wilaya prise dans sa totalité. A la situation objective des maquis se caractérisant par le manque d?armes, de cadres, d?aide extérieure, la présence d?éléments atteints par la propagande défaitiste, les services spéciaux ajoutèrent des facteurs subjectifs pour créer la rupture en pesant sur les maillons les plus faibles soigneusement détectés. L?art et le crime des services français spécialisés dans ce genre de guerre ont été d?inventer une série de pièges en utilisant tous les moyens en leur possession... Ils ont réussi à faire croire à une situation plus dégradée et s?ils ont atteint leur but, qui sont les sanguinaires dans cette affaire ? Les maquisards soucieux de préserver la pureté et la solidité de leurs rangs ou les soldats-policiers sans scrupules, sans honneur, faisant tuer et ceux qui étaient leurs complices et leurs adversaires réels, par des méthodes qu?ils n?ont même pas eu la pudeur de taire, osant rejeter leurs propres responsabilités sur des patriotes comme Si M?hamed qui n?a pêché que par souci de protéger la révolution, par sa droiture, entraînant une part de naïveté et ne pouvant mesurer la diversité des moyens démoniaques de l?ennemi bien qu?il ait vaguement soupçonné ses man?uvres compliquées. Dans une atmosphère propice, dont ils préparaient le mûrissement, les services spéciaux introduisirent leurs agents dans une conjuration à la naissance de laquelle ils présidèrent. Trinquier, Godard et Jaquin, experts en techniques contre-révolutionnaires, furent à l?origine des premières convulsions remontant à l?été 1958 en Wilaya III. Extraits de l?Armée de Libération nationale en Wilaya IV de Md. Téguia. Casbah éditions. Alger 2002.
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Posté par : sofiane
Source : www.elwatan.com