C'est l'histoire d'un écrivain, stratège, chef militaire, médiateur et gouverneur de Tripoli sous l'empire Ottoman, où il fut chargé de mener des réformes administratives et urbaines de grande envergure.Dans son dernier ouvrage intitulé Ali Rédha El-Jazaïri, gouverneur de Tripoli, le professeur Mostefa Khiati met au jour le parcours de deux personnalités algériennes du XIXe siècle qui s'étaient illustrées à l'étranger en tant que gouverneurs, diplomates et chefs militaires.
Paru récemment aux éditions Ac com, ce livre de 120 pages revient sur le parcours de Ali Rédha El-Jazaïri (1820-1876), écrivain, stratège, chef militaire, médiateur et gouverneur de Tripoli sous l'empire Ottoman, et sur la vie de son père Hamdane Ben Othman Khodja (1773-1842), écrivain et conseiller à la santé auprès de la Sublime Porte. L'ouvrage s'intéresse d'abord au parcours de Hamdane Ben Othman Khodja, enseignant de théologie puis membre du conseil municipal d'Alger, après la prise de la ville par la France coloniale, un poste qu'il a utilisé pour "entraver la mainmise colonialiste sur les édifices religieux et mosquées d'Alger", avant d'être médiateur entre le duc de Rovigo et Ahmed Bey en 1832 pour "amener les deux parties à un arrangement pacifique". Menacé et dépossédé de ses biens, Hamdane Ben Othman Khodja va s'exiler volontairement en France et créer le "comité des Maures bannis d'Alger" avec Ibrahim Ben Mustapha Pacha.
Un an plus tard, il a publié à Paris le livre Le Miroir, un aperçu historique et statistique sur la régence d'Alger, décrivant la situation politique, économique, sociale et culturelle de l'Algérie à cette époque et dressant un réquisitoire contre le colonialisme, ce qui va le mener à fuir la France pour s'installer à Istanbul où il dirigera le service de santé du sultan. Il a également publié le livre Le Don fait aux justes et aux lettrés pour se prémunir des maladies épidémiques, récemment réédité par l'Université d'Alger. Hamdane Ben Othman Khodja s'éteint en 1842 à Istanbul sans avoir revu son épouse et sa fille, restées à Alger. Son fils, Ali Rédha Ben Hamdane Khodja, né à Alger en 1820, a suivi des études dans les écoles militaires françaises jusqu'en 1840, avant d'intégrer l'armée ottomane où il va mener une brillante carrière en jouant un rôle militaire et diplomatique important lors de la guerre de Crimée (1853-1856) qui a opposé les empires ottoman et russe. En tant que civil, Ali Rédha El-Jazaïri a été intendant de la province de Sivas, au centre de la Turquie ; il reçoit en 1867 le grade de maréchal et devient gouverneur de Tripoli jusqu'en 1870. Après deux années passées à la tête de la deuxième armée ottomane stationnée en Anatolie, il revient à Tripoli "suite à une pétition adressée par les habitants au sultan".
À Tripoli, Ali Rédha El-Jazaïri a été chargé de mener des réformes administratives et urbaines de grande envergure. Il a réorganisé la gestion de la ville en créant la "baladya" (mairie), établi un recensement de la population et résolu les problèmes d'eau potable, de propreté et d'éclairage de la ville. Sous sa gouvernance, l'enseignement primaire était devenu obligatoire dans les villes et villages de Tripoli, en plus de l'ouverture de collèges et d'une école des arts et des métiers. Après son décès en 1876, l'ouvrage considéré comme livre rare et intitulé Miroir d'Algérie a été publié en langue ottomane. Ali Rhéda El-Jazaïri y relate l'histoire de l'Algérie avant la régence ottomane jusqu'à la colonisation française et revient sur la résistance populaire entre 1830 et 1847. Auparavant, il avait également publié un ouvrage en arabe dialectal traduit vers le français sous le titre Souvenirs d'un voyage à Constantine qui relate son périple avec son père et sa rencontre avec Ahmed Bey en 1832. Médecin chercheur et enseignant à l'université d'Alger, Mostefa Khiati est l'auteur de nombreux ouvrages sur l'histoire de l'Algérie et la médecine algérienne, dont Histoire de la médecine en Algérie de l'antiquité à nos jours (2003), Les Blouses blanches de la révolution (2011), Histoire des épidémies, des famines et des catastrophes naturelles en Algérie (2011), Les Irradiés algériens, un crime d'Etat (2018), Les 83 Guerres menées par l'Algérie durant la période ottomane, ou encore Femmes ayant marqué l'histoire de l'Algérie publié en juillet dernier.
APS
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : APS
Source : www.liberte-algerie.com