Alger

L'engouement des Algérois



L'engouement des Algérois
Alger enfile, à nouveau, l'habit africain. Capitale de la culture arabe en 2007, elle se transforme, en ce juillet 2009, en berceau des arts et cultures de l'Afrique. Ville où se déroulera l'essentiel des manifestations et festivités prévues dans cette nouvelle édition du festival africain dénommé Panaf' 2009 ' d'autres villes étant également programmées pour accueillir quelques activités', Alger prend des couleurs. Mais est-elle aussi proche de l'Afrique qu'en 1969 ' Quel intérêt portent les Algériens à leur continent ' Au parc Sophia, au centre de la capitale, un groupe d'adolescents s'adonne au jeu de drapeaux des pays participant au Panaf'. Un jeu qui semble les passionner. Aymen, jeune lycéen qui vient de fêter son seizième printemps, reconnaît une dizaine de drapeaux, comme celui du Sénégal, de l'Angola, de l'Afrique du Sud, du Nigeria et du Cameroun. « Je les connais grâce au football », dit-il, avouant ne pas connaître grand-chose de ces pays. $Les autres aussi. Comme eux, il y en a bien d'autres. Au-delà des slogans et des discours, l'Algérie semble oublier son espace géographique qu'elle partage avec une cinquantaine de pays. Ahmed, 52 ans, employé dans une entreprise publique, rencontré au parc Sophia s'apprêtant à s'acheter un livre sur Lénine, affirme être imprégné beaucoup plus de la culture occidentale. Il estime que cela est dû au travail de communication à travers les médias. « L'Afrique est un continent qui communique peu.Les Etats ne sont pas démocratiques. Et beaucoup de pays croulent sous la pauvreté. Les cultures de l'Afrique ne sont malheureusement pas suffisamment véhiculées à travers le continent. Je lis beaucoup, mais je n'ai jamais trouvé dans les librairies des livres d'auteurs africains », lâche-t-il, un brin désolé. Une tournée dans les librairies d'Alger confirme le constat de ce passionné de Lénine. Les Algériens, les jeunes surtout, connaissent l'Afrique à travers la vitrine footballistique européenne. Ils connaissent du Cameroun Samuel Eto'o, de Côte d'Ivoire Didier Drogba' Mais peu d'Algériens connaissent, pour ne citer que celui-ci, le Sénégalais Ousmane Sembène, écrivain-cinéaste et fondateur du Festival panafricain du cinéma. Pour nombre de personnes, le Panaf' est l'opportunité de renouer avec le continent africain. Assia, une étudiante en droit, rencontrée à la sortie du TNA, affirme avoir décidé d'assister au maximum de festivités. « J'ai envie de découvrir l'Afrique et je pense que l'occasion m'est offerte », dit-elle. « Les festivités vont attirer beaucoup de curieux, mais aussi des personnes qui s'intéressent à la culture africaine », relève un observateur qui estime qu'avec le manque criard de moyens de distractions, ce festival va sans nul doute attirer beaucoup de monde. Depuis près de vingt ans, Alger a presque « renoncé » à la vie. Elle connaît peu d'animations de jour comme de nuit. Elle peine encore à panser ses blessures des années de plomb. Mais un festival, même d'une dimension continentale, permettra-t-il aux Algériens de retrouver le goût à la vie ' Difficile d'y croire, tant la déception et la frustration étaient grandes à la fin de « Alger, capitale de la culture arabe » en 2007.
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