Pour sa première visite dans la région, le nouveau sous-secrétaire adjoint chargé du Maghreb, Raymond Maxwell, n'a pas tari d'éloges sur l'Algérie, lui qui a été fasciné dès son enfance par la Révolution algérienne et sa contribution dans la libération d'une bonne partie de l'Afrique à travers la lecture de Frantz Fanon.
Se voulant plus diplomate que les diplomates, il a essayé, tant bien que mal, de rester dans le 'politiquement correct', une heure durant, lors d'une table ronde organisée jeudi dernier au siège de l'ambassade américaine à Alger.
Mais, il était averti : les journalistes algériens ont une liberté de ton qu'il faudrait prendre en compte pour ce premier exercice. Du coup, le discours mielleux, parfois langue de bois, n'a pas trop tenu, devant l'insistance des journalistes à poser les questions qui fâchent.
De prime abord, le diplomate américain rejette l'idée d'une 'conspiration' qui se cacherait derrière les récentes et multiples visites de responsables américains à Alger. 'C'est tout simplement en raison de la solidité des relations bilatérales. Les deux pays ont des intérêts communs.' Et de préciser : 'Nous avons intérêt à ce qu'il y ait une stabilité dans la région.'
Raymond'Maxwell'a'rencontré
MM. Messahel et Boukadoum, respectivement ministre délégué chargé des Affaires africaines et maghrébines et directeur général du département Amérique au ministère des Affaires étrangères. Avec ses deux homologues, le responsable américain a débattu des questions liées à la coopération bilatérale, mais aussi à la situation en Libye. Pour le diplomate américain, 'nous soutenons le CNT et le processus démocratique en cours. Nous souhaitons que les voisins de la Libye aident à la réussite de ce processus'. En d'autres termes, l'Algérie est appelée à jouer un rôle plus important dans la nouvelle page ouverte par les Libyens.
Raymond Maxwell a affirmé que son pays ne faisait pas de distinction entre l'Algérie et le Maroc qu'il considère, tous deux, comme amis et a réitéré le souhait de son administration de voir une stabilité dans la région. D'ailleurs, au sujet de vente d'équipements militaires sophistiqués au profit du Maroc, il dira que son pays ne compte nullement provoquer une guerre régionale.
Au contraire, dira-t-il, un projet de vente d'équipements au profit de l'Algérie est à l'étude. Pour ce qui est du Printemps arabe, le responsable américain se montre confiant, 'ce qui nous intéresse, c'est que les nouveaux gouvernements soient démocratiquement élus, justes et répondent aux aspirations et attentes de leurs peuples, qu'ils comprennent en leur sein les femmes et les minorités. Ce qui nous préoccupe, ce n'est pas l'identité religieuse des nouveaux gouvernements. Si tous les principes cités sont remplis, nous travaillerons avec ces gouvernements'.
Tout en rappelant que les peuples de la région sont musulmans, il a reconnu que des parties au sein de l'establishment américain ont exprimé des craintes au sujet de la montée des islamistes.
Le cas d'Ennahda en Tunisie a été évoqué par l'orateur qui a estimé que 'nous sommes optimistes dans la mesure où ils vont respecter les mêmes principes essentiels que les nôtres. Nous n'avons pas de comportement paranoïaque. Nous espérons que les élus respectent leurs engagements et nous travaillerons avec eux'.
Et là, c'est l'ambassadeur américain à Alger, Henry S. Ensher, qui est intervenu pour préciser davantage la politique américaine vis-à-vis des révoltes arabes. 'Les USA s'opposent à l'usage de la violence pour l'accès ou le maintien au pouvoir, quels que soient l'entité ou le parti qui l'utilisent'. Raymond Maxwell exclut l'existence de pacte entre Américains et islamistes. 'Nous regardons les pays comme des partenaires, et non pas comme des clients. Leurs populations ont le droit souverain de choisir leurs dirigeants.' Il reviendra sur l'assassinat de Kadhafi pour affirmer que 'nous ne sommes pas du tout contents, ni satisfaits de la façon avec laquelle Kadhafi a été tué, après avoir été capturé. Il aurait été plus judicieux de le juger'.
Revenant au Printemps arabe, il dira qu'il 'est très facile de constater que les gouvernements algérien et marocain ont fait le meilleur choix (par rapport à ce qui s'est passé en Tunisie, en Egypte et en Libye, ndlr) en devançant les manifestations et en promettant des réformes politiques. Nous attendons la concrétisation de ces réformes'.
Azzeddine Bensouiah
ticouc 05-11-2011 12:29
Salhi 05-11-2011 10:56
elkhayam 05-11-2011 10:20
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Azzeddine Bensouiah
Source : www.liberte-algerie.com