De notre bureau de Bruxelles, Aziouz Mokhtari
Après le Parlement européen, l'exposition sur l'é mir Abdelkader a pris ses aires à la Grand-Place de Bruxelles, prestigieux lieu de rencontres de la capitale belgo-européenne.
L'initiative est à mettre à l'actif de l'Algebel (Association des Algériens de Belgique et du Luxembourg). Ironie du sort ou retour sur l'histoire, c'est à proximité de la maison d'exil de Victor-Hugo, ici, qu'Abdelkader a installé sa tente. An 50 de l'indépendance de l'Algérie oblige. L'émir Abdelkader et Victor-Hugo sont deux sommités, deux personnalités hors du commun, deux brillants esprits que le hasard et l'histoire ont fait se rencontrer. Deux exilés aussitôt. Pour Hugo, l'exil commence avec le coup d'Etat de Bonaparte à Bruxelles puis les Anglo- Normands, puis retour à Paris avec passage à Waterloo, «cette morne vallée» qui verra la triste fin de Napoléon. L'Emir, lui, connaîtra plusieurs exils. Arraché à sa terre natale par l'ordre colonial, il sera trimballé un peu partout en Hexagone — la France n'ayant pas tenu parole. Abdelkader ne verra pas la fin de son calvaire après les changements intervenus en France, comme Hugo. Cependant, il y aura allègement des souffrances, un exil plus supportable, oriental, mystique, pèlerinage chez Ibn Arabi, le maître spirituel. A l'hôtel de ville de Bruxelles, lieu-culte d'art, d'architecture et de symboles, le séminaire qui précède le vernissage de l'exposition sur l'Emir est un plateau royal, fait de brillances, de savoir et de repères en cet an 50 de l'indépendance de l'Algérie. Paroles de bienvenue par Hamid Aït Abderrahim, président de Algebel, puis Eric Geoffroy, islamologue à l'université de Strasbourg pour la conférence «L'Emir Abdelkder, défenseur d'une terre, militant de l'universel ». Sommité, chercheur, Eric Geoffroy est l'auteur de sept ouvrages dont Initiation au soufisme, L'Islam sera spirituel ou ne sera plus et dirige des volumes collectifs dont l'un des tout nouveaux Abdelkader — un spirituel dans la modernité (Albourag-2010). Eric Geoffroy est traduit dans plusieurs langues et est reconnu comme arabisant faisant autorité. L'autre conférencier à plaider la cause de Abdelkader, Jo Van Haeperen est docteur en philosophie très intéressé dans ses travaux de recherche par la philosophie arabo-musulmane et est l'auteur de La symbolique du miroir dans la pensée d'Ibn-Arabi — les deux premiers chapitres des Fusus El Hikam, c'est par sa filiation spirituelle à Ibn-Arabi qu'il est amené à s'intéresser à Abdelkader forcément. Son exposé de Bruxelles portait sur «L'Emir Abdelkader, un homme dans l'histoire et... au-delà de l'histoire ». S'ensuivit, ensuite, le magistère de cheikh Khaled Bentounes, guide spirituel de la Tariqa Alawiyya «Emir Abdelkader, l'homme de la tradition et de la modernité». Débats, questions/réponses, puis vernissage d'une partie de l'œuvre de l'Emir, portant ici, le générigue de «l'Emir Abdelkader, une vie singulière, un homme universel». Fadéla Laâlane, ministre bruxelloise de la Culture, l'ambassadeur d'Algérie en Belgique et au Luxembourg, Amar Bendjema, et Faouzia Harriche, bourgmestre adjoint (vice-maire) de la ville, de Bruxelles, belgo-algérienne ont présidé à l'ouverture solennelle de l'exposition. Le travail est coordonné par l'association internationale Soufie-Alawiyya. Mme Setty G.-Simon Khedis en est la commissaire générale. L'initiative s'inscrit dans le cadre de la célébration du 50e anniversaire de l'indépendance de l'Algérie.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A M
Source : www.lesoirdalgerie.com