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L'élection à deux inconnues



L'élection à deux inconnues
Sur qui vont parier les électeurs français'...La campagne officielle a pris fin vendredi soir, avec les ultimes sondages et les dernières déclarations des candidats, sur fond de surenchère sécuritaire entre les représentants de la droite et de l'extrême droite...Après la légère embellie de 2012 où le taux d'abstention était de 20% contre 28% lors de l'élection présidentielle précédente, deux grandes questions planent sur le déroulement du scrutin, aujourd'hui, dont l'une concerne, bien sûr, le nom des deux protagonistes appelés à s'affronter au second tour mais l'autre, encore, et surtout, le rôle des abstentionnistes dont le retrait aura, ou n'aura pas, c'est selon, un impact décisif sur le résultat de ce soir, à partir de 20 heures locales.Il faut dire qu'un quart des électeurs, environ, exprimait jusqu'à ces jours derniers son indécision, ne sachant pas qui choisir dans le quarteron de candidats donnés, à quelques points près, à égalité par les sondages depuis plusieurs semaines. Emmanuel Macron, Marine Le Pen, François Fillon et Jean-Luc Mélenchon sont, en effet, au coude-à-coude et bien malin qui pourrait prévoir, avec exactitude, le premier choix des Français, déterminant quant à l'issue finale.Dès lors, on comprend que la France retient son souffle depuis 24 heures, en attendant le verdict de cette élection présidentielle si particulière, étant donné le climat dans lequel elle se déroule, caractérisé par une haute surveillance sécuritaire, au lendemain de l'attentat qui a visé des policiers sur l'avenue des Champs-Elysées. Une attaque aussitôt mise à profit par les candidats de l'extrême droite et de la droite pour durcir encore plus leur discours, critiquant avec virulence le gouvernement de François Hollande, accusé de «laxisme» ou d' «incompétence», et stigmatisant, une fois de plus, l'immigration, l'islam et les mosquées «où germe le terrorisme».Dire que la fusillade sur «la plus belle avenue du monde» aura bouleversé cette fin de campagne paraît évident par rapport à ces incantations de la dernière heure qui parient sur la peur des électeurs, traumatisés par une série d'attentats qui ont fait, depuis novembre 2015, 239 morts. L'ombre de Daesh qui a très vite revendiqué l'attaque plane sur une France inquiète où plusieurs autres tentatives ont été récemment déjouées, de sorte que la question du terrorisme se greffe désormais sur les autres enjeux, longtemps majeurs, que sont le chômage et les migrants. La campagne officielle a pris fin vendredi soir, avec les ultimes sondages et les dernières déclarations des candidats, sur fond de surenchère sécuritaire entre les représentants de la droite et de l'extrême droite, misant leur dernier jeton sur l'appel au renforcement de la lutte antiterroriste. De fait, les affaires des emplois fictifs dont François Fillon et Marine Le Pen sont appelés à rendre compte, l'un à l'institution judiciaire et l'autre à l'Union européenne, ont paru, jeudi soir, avec l'attentat des Champs-Elysées, chose somme toute bénigne. A moins que, dans l'isoloir, les électeurs n'en décident autrement.Fillon s'est dit prêt à combattre le terrorisme «d'une main de fer», tout en portant l'estocade au gouvernement Hollande «qui n'a, semble-t-il, pas encore totalement pris la mesure du mal qui (nous) agresse». Lequel gouvernement a rétorqué avec des chiffres, reprochant à l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy la suppression de plusieurs milliers d'emplois sécuritaires avant de s'employer à rassurer les électeurs qui verront 50 000 policiers et gendarmes ainsi que 9 000 militaires sécuriser les bureaux de vote ouverts dans l'Hexagone. «Rien ne doit entraver ce grand moment démocratique», a ainsi décrété le Premier ministre Bernard Cazeneuve.Suivi avec un vif intérêt par plusieurs capitales, dont Washington, Pékin et Moscou mais également Alger, le scrutin aura des retombées évidentes sur le plan international, selon que tel ou tel candidat sera consacré par le suffrage. Les intérêts de nombreux pays sont tributaires de l'issue du vote et particulièrement ceux des pays d'origine des communautés immigrées qui ont subi, le coeur lourd, les attaques parfois outrancières de la représentante de l'extrême droite mais pas seulement! Ce serait donc une lapalissade que de souligner combien l'attente de ces communautés, ainsi que de leur pays d'origine, est aussi grande que celle de la population française tout entière, tant leur destin commun est placé sous les fourches caudines de ces croisés de la «haine» et de l'esprit revanchard.La parenthèse étant fermée, un autre sujet hante les esprits. Une menace plane sur le rapport à l'Union européenne, très critiquée par certains candidats qui vont même jusqu'à agiter le défi du Frexit! Nombreux sont les responsables politiques, en France et en Europe, qui seront ce soir sur le qui-vive, car on imagine mal l'UE survivre à l'éventualité d'une rupture du tandem incarné par l'Allemagne et la France, si tant est que celle-ci soit conduite à claquer la porte de Bruxelles. Un scénario à la fois rocambolesque et peu crédible car la majorité des Français s'accommode fort bien d'une Europe dont elle assume seule, désormais, le fer de lance nucléaire.Et du nucléaire jaillit la lumière puisque, pendant les débats, les partisans et les opposants de cette énergie se sont étripés sans que le litige en soit, pour autant, tranché. L'option écologique est, à ce titre, un facteur influent mais non décisif pour bon nombre d'électeurs qui auront à l'esprit, au moment de glisser leur bulletin dans l'urne, les aléas climatiques pour la gestion desquels la France a joué un rôle moteur hautement apprécié...
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