Alger - Revue de Presse

L'Egyptien «Asec» prend 35 % de la cimenterie de Zahana



La cimenterie de Zahana change de mains et ouvre son capital à un nouvel actionnaire privé. Le groupe égyptien Asec a racheté 35 % du capital de cette cimenterie pour 32.6 millions d'euros. Le reste du capital, 65 %, reste entre les mains de l'Etat qui était l'unique actionnaire de l'une des plus importantes cimenteries de l'ouest du pays. Cette ouverture du capital est adossée à un contrat de gestion de dix ans pour le groupe égyptien. Depuis le 2 janvier, l'usine de clinker située dans la wilaya de Mascara est en effet gérée par Asec. L'ouverture du capital de la cimenterie de Zahana a été officialisée fin 2007 après dix mois d'attente : l'offre du groupe égyptien a été acceptée par le gouvernement il y a une année. Asec a détaillé durant la soirée de samedi à Oran son projet pour moderniser et développer la cimenterie de Zahana. Un investissement de 77 millions d'euros est prévu sur 26 mois pour mettre à niveau la cimenterie, puis doubler à près de 2 millions de tonnes par an ses capacités de production de ciment. L'investissement se fera en deux étapes. « Nous allons investir d'abord 7 millions d'euros pour augmenter la production de la cimenterie à sa capacité nominale de 1.09 millions de tonnes. Nous allons ensuite investir 70 millions d'euros sur 26 mois pour doubler cette capacité de production et la porter à deux millions de tonnes par an. Nous allons former le personnel pour accroître les compétences techniques de l'usine », explique au « Quotidien d'Oran », le nouveau directeur général de la cimenterie Amr Hosny. Le groupe égyptien devra entamer sa prise de contrôle de Zahana par un grand nettoyage de l'usine et la réorganisation du réseau de distribution, souvent à l'origine des pénuries et des hausses des prix du ciment sur le marché. « Nous allons établir une nouvelle stratégie de commercialisation avec comme objectif un contrôle direct sur les prix de vente pour éviter la spéculation », indique le même responsable. En outre, le groupe privé égyptien s'est engagé à garder les effectifs de la cimenterie et à fournir en priorité le marché national en ciment. Asec s'est engagé également à prendre des engagements environnementaux et a décidé de doter la cimenterie de filtres anti-poussières de dernière génération. « Aucun plan social pour les 630 travailleurs de l'usine n'est prévu. Asec s'est engagé à préserver l'environnement », affirme Belkacemi Lambarek le directeur général du groupe public Erco dont dépend Zahana. En cédant 35 % du capital de Zahana à Asec, le groupe Erco a pratiquement achevé la privatisation de ses entreprises. Reste la cimenterie de Saïda. Belkacemi Lambarek donne plus de détails : « nous avons déjà ouvert le capital de la cimenterie de Béni-Saf, de la plâterie de Fleurus, de l'unité de la chaux de Saïda. Il reste la cimenterie de Saïda ». Par ailleurs, le groupe égyptien a entamé son entrée sur le marché algérien par un geste social symbolique : une donation de 15 millions de dinars pour réaliser en partenariat avec la wilaya de Mascara un centre de formation professionnelle dédié aux métiers du ciment. En fait, Asec a une stratégie à long terme en Algérie. En plus de son entrée dans le capital de Zahana, le groupe égyptien a entamé la réalisation d'une cimenterie de 3 millions de tonnes par an à Djelfa pour un investissement de 150 millions de dollars. L'usine devrait être prête dans trois ans. En Algérie, Asec compte produire 25 % du ciment qu'il produira dans toutes ses usines implantées dans la région Afrique - Moyen-Orient. Le cimentier égyptien compte en effet investir 2.4 milliards de dollars d'ici 2011 pour produire 18 millions de tonnes dans la région Afrique et Moyen-Orient où il est implanté. Le projet confirme le grand intérêt d'Asec pour le marché algérien du ciment où la demande actuelle est supérieure à l'offre. « Le ciment est un produit stratégique. L'Algérie a d'ambitieux programmes de logement, plus de 150.000 unités par an durant la prochaine décennie. Les investissements dans le ciment sont lourds, mais rentables », ajoute Amr Hosny. L'arrivée d'Asec sur le marché algérien coïncide avec l'installation du géant français Lafarge, via Orascom cement. La concurrence s'annonce rude entre les producteurs sur un marché qui connaît des pénuries récurrentes ces dernières années.
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