Condamné en Algérie à 15 années de réclusion criminelle pour avoir financé le recrutement pour l'Irak, l'Egyptien Yasser Salem, dit Abou Jihad, a publié dans les colonnes de la presse de son pays une lettre dans laquelle il accuse les services algériens d'avoir monté « un complot » contre lui dans le but de l'écarter du marché de l'importation des équipements médicaux en Algérie.
Arrêté en 2005, Abou Jihad aurait fourni des documents de voyage et de l'argent à deux volontaires algériens entre 2003 et 2004 (condamnés à une peine perpétuelle), qui l'ont confondu lors de son jugement par le tribunal criminel près la cour d'Alger. Installé en Algérie depuis 1993, et marié à deux Algériennes, il a été incarcéré à la prison de Serkadji, avant d'être transféré vers une autre prison loin d'Alger, où résident ses deux épouses algériennes. L'avocat de Yasser revient sur les circonstances de son déplacement à Alger, pour le défendre, et ce, aux côtés d'avocats algériens, faisant l'éloge de ce qui, selon lui, ont pris en charge les frais de son séjour. Il fait état de la lettre écrite par Yasser et dans laquelle il parle de son incarcération dans une prison « loin » de ses deux épouses, de ses enfants et de sa mère. « J'ai été arrêté injustement en 2005, et j'ai passé deux ans sans procès jusqu'en 2007, où j'ai été déféré au tribunal criminel, qui m'a condamné sans aucune preuve (') Je n'ai même pas bénéficié des dispositions de la charte pour la réconciliation alors que des condamnés à mort, comme Abdelhak Layada, ont été libérés en vertu de cette loi.Le tribunal a étonné l'ensemble des avocats qui s'attendaient à ma mise en liberté ou, à la limite, à une peine qui couvre la période de ma détention », écrit Yasser. Il qualifie son affaire de « complot » ourdi par « les moukhabarat » (services de renseignements) « sur instigation d'un lobby financier qui agit dans le domaine de l'importation pour se venger de moi ». Il rappelle son « attachement » à l'Algérie, qu'il a, souligne-t-il, « aidée en acheminant gratuitement des équipements médicaux au profit de certains hôpitaux, lors du séisme de Boumerdès en 2003 ». Il interpelle le président, Hosni Moubarak, et le mufti d'Al Azhar, Youssef Al Qaradaoui, leur demandant d'intervenir en sa faveur pour le faire sortir « de l'obscurité » des prisons algériennes. Son avocat n'hésite pas à déclarer que la condamnation de Yasser lui rappelle « la pire des époques en Egypte, lorsque le gouvernement menait sa guerre contre les islamistes, qu'il condamnait à des peines lourdes sans preuve ». De ce fait, il exprime sa compassion à son mandant et appelle, lui aussi, à sa libération. La lettre a trouvé un large écho médiatique en cette journée du 15 janvier pour ressusciter la campagne haineuse à l'égard de l'Algérie, née d'un match de football que l'équipe égyptienne a perdu, au Soudan, le 18 novembre 2009. Comme quoi tous les moyens sont bons pour accabler l'Algérie'
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Salima Tlemçani
Source : www.elwatan.com